Pour notre dernier jour à Siem Reap, nous quittons les familiers temples d’Angkor, pour aller plus loin et voir un temple resté plus longtemps à l’abandon, le Beng Mealea, ainsi que le fameux Tonlé Sap, un des lacs les plus grands d’Asie, via un des fameux villages flottants, celui de Kompong Khleang (pas trop touristique car plus éloigné de Siem Reap).
Nous n’avons pas négocié la veille avec Rubin, le chauffeur de tuk-tuk, ce qui nous a permis de finalement dormir un peu plus longtemps (6h15, quel luxe !). Il est cependant là le matin et nous propose 35$ pour la journée. Vu qu’à l’hostel, l’A/R jusqu’à ce temple perdu était à 35$, sans passer par le lac, on estime faire une affaire !
C’est parti pour 1h45 de tuk-tuk ! Bon, on aurait pu l’imaginer, mais on n’avait pas pensé qu’on aurait… froid ! et qu’on se ferait fouetter le visage par le vent et la crasse. Prévoir un foulard, c’est mieux !
Sur la route, on est à l’heure où les gens viennent travailler à Siem Reap. On croise donc beaucoup de moto « familiale », avec le père, la mère et les deux ou trois enfants. Les nourrissons sont souvent dans une écharpe de portage, parfois, ils sont même nourris sur cette moto, et on a vu des jeunes enfants complètement endormis !

Plus on s’éloigne de la ville et plus les maisons commencent à être construites sur pilotis. Et quand on parle de pilotis, il s’agit de maisons perchées jusqu’à 4-5 mètres de hauteur ! Celles qui bordent vraiment le lac, Tonlè Sap, sont même à 10 mètres de hauteur, mais on y reviendra plus loin. Pour celles qui longent la route, comme ce n’est pas vraiment inondé à cet endroit-là, le dessous de la maison sert souvent d’entrepôt, ou d’endroit pour faire la sieste avec des hamacs suspendus un peu partout.

On arrive au temple un peu avant 9 heures après avoir acheté les tickets. Le tuk-tuk nous dépose à l’entrée ouest et nous suivons les conseils du guide du routard et nous dirigeons vers l’entrée sud. En effet, le temple est considérablement effondré. Les entrées ne sont plus accessibles et nous ne nous risquons pas à grimper sur les pierres.

Une passerelle de bois a cependant été aménagée pour pouvoir passer les murs d’enceinte et les galeries. Cela nous donne du coup un tout autre point de vue sur ce temple puisque nous le voyons par le dessus.


Il y a diverses nouvelles passerelles en cours de construction qui permettront d’aller encore plus haut, sur la tour principale.
Nous devons également passer dans une galerie sombre, dernier vestige où il est safe de passer. Pendant quelques instants, on se croirait vraiment dans un film d’Indiana Jones.

Nous profitons à fond du calme et de la beauté de ce temple pendant presqu’une heure et demi. Finalement un car arrive et nous nous dépêchons alors de quitter les lieux pour nous promener dans les environs plus paisibles.

On rejoint le tuk-tuk, très contentes de cette dernière visite de temple.
On part ensuite vers le lac. Ce lac est très particulier puisque pendant la saison des pluies, les eaux du lac montent de 8 mètres et inondent forêts et champs. En effet, il est relié au Mékong par une rivière dont le sens s’inverse lorsque les eaux du Mékong montent, remplissant ainsi le lac. Ensuite, à la saison plus sèche, la rivière s’inverse à nouveau et le lac se déverse dans le Mékong. Une application purement naturelle des vases communicants. Cela implique donc pour les habitants de pouvoir s’adapter. C’est pourquoi ils ont construit des maisons sur pilotis, ou même des maisons flottantes.
A la saison sèche, ils cultivent les terres qui sont très fertiles et peuvent se déplacer à pied. A la saison des pluies, tout se fait en bateau (aller à l’école, à l’épicerie, au temple ou même chez un voisin !). Ils cultivent alors la jacinthe d’eau qu’ils utilisent pour faire de la vannerie.

Le tuk-tuk nous amène jusqu’au village, mais il s’arrête à l’embarcadère pour « touriste », avec des bateaux assez gros, que l’on peut remplir avec au moins 20 touristes. Du coup, ça coûte un pont ! Comme on ne sait pas si on pourra trouver des bateaux plus loin, on cède… 25$ par personne pour 2 heures, ça pique ! D’autant que comme le bateau est trop gros, et qu’il fait pas mal de grosses vagues, on ne peut aller dans les « rues » du village.
On embarque, un peu énervées de s’être fait avoir tout en ne sachant pas si on s’est réellement fait avoir. On passe donc à une distance raisonnable des maisons, dont on ne dirait pas du tout qu’elles sont en réalité perchées à 10 mètres de haut ! Cela ressemble à un village normal, excepté le fait qu’il faut prendre la barque pour se déplacer. Les maisons sont très colorées, et avec des petits jardins aménagés sur les terrasses. La vie a l’air paisible.

Après les maisons sur pilotis, on arrive dans le « quartier » des maisons flottantes.

Puis on avance encore plus loin pour aller sur le lac à proprement parler (enfin, celui qui existe lors de la saison sèche). On doit pour cela traverser un bout de forêt inondée dont on ne voit que le haut des arbres.

Puis on arrive devant cette immense étendue grise, qui se confond avec le ciel. On se croirait au bord de l’océan, les vagues en moins. C’est vraiment incroyable comme endroit. On y fait une petite pause avant de reprendre la route du village et puis de l’embarcadère.

Notre impression reste mitigée car même si on est contentes d’y être passées et d’avoir vu le lac, passer dans le village nous donnait quand même cette impression d’être voyeur. Les gens nous souriaient et nous faisaient signe et avaient plutôt l’air contents, mais on est finalement contentes de ne pas être vraiment passées dans les rues, où l’on aurait encore eu plus l’impression d’être dans un zoo. On s’imaginait des touristes venir à Namur, nous photographier quand on marche dans la rue ou quand on est dans notre jardin, et on s’est dit qu’on n’aimerait pas. N’est-ce donc pas la même chose pour les Cambodgiens ? D’autant que ce n’est même pas comme si on participait à l’économie du village. On n’a pas pu faire d’arrêt pour acheter quelque chose (qu’il s’agisse de vannerie ou de nourriture), et ce qu’on a payé pour le bateau nous a semblé aller directement dans la poche du guichetier…
On reprend ensuite le tuk-tuk pour rentrer à Siem Reap. On croise des petites huttes qui vendent des bouts de bambou (dont ils brulent l’extérieur avant de les râper), des gens à moto, des régimes de bananes, etc. toute une vie se déroule sur ces routes !

