Moto roadtrip #1 – Plateau des Bolavens

Nous sommes arrivées en mini-van des 4000 îles jusqu’à Paksé, la ville à partir de laquelle on commence la boucle des Bolavens. A peine arrivées et à la recherche d’un hébergement avec clim’ (histoire de bien dormir avant le grand départ), nous tombons presque immédiatement chez miss Noy et Yves (LE Belge). C’est l’adresse recommandée pour louer des motos et surtout récupérer les infos nécessaires pour faire le tour pendant le briefing de 18h.

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Après s’être installées, on revient donc pour le briefing, qui dure presque 45 minutes. On ressort de là avec une carte, un itinéraire, les endroits qui valent la peine et ceux à éviter, les homestays, etc. Comme pour Syl (qui sera la conductrice) c’est la première expérience moto, elle reçoit un petit cours accéléré le soir même, en français et avec exercices pratiques. Yves nous conseille, de plus, d’aller d’abord à Champasak car la route est nickel et quasi déserte (si là ça ne va pas, ça n’ira nulle part!).

Jour 1 – Vat Phou

Nous voilà donc parties le lendemain (après 8h30 pour éviter le trafic à Paksé), sur la effectivement très bonne route de qui mène à Champasak et au temple de Vat Phou. On arrive après une bonne heure de route, un peu shaky.

Le temple est de style angkorien qui date d’un peu avant Angkor Wat et qui était relié à Angkor via une grande route dont il reste encore des vestiges. C’est ici que se trouvait l’ancienne capitale des Khmers avant qu’elle ne soit déplacée à Angkor.

Le site est assez étendu et très en hauteur. Il y a des longues allées et beaucoup d’escaliers dont presque tous sont d’origine.

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Ça crève vachement surtout qu’on y est allées une journée très humide et chaude (comme presque toutes à cette saison). C’est très joli, il y a de beaux linteaux bien conservés, mais pour toute personne étant d’abord passée à Angkor, c’est moins impressionnant.

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Ça renseigne cependant un peu plus sur certaines pratiques, notamment par une pierre creusée en forme de crocodile où étaient vraisemblablement effectués des sacrifices humains.

En sortant de Vat Phou, on se questionne sur la suite de notre programme. Finalement, on opte pour ne pas rentrer à Paksé mais aller directement dans un homestay sur le plateau, histoire de s’avancer un peu et de pouvoir commencer de bonne heure le lendemain. Mais pour rejoindre la boucle sans passer par Paksé, il faut traverser le Mekong à Champasak, sur un « ferry ». C’est-à-dire 2 pirogues sur lesquelles a été clouée une palette (un cata-palette?). Fun même si un peu flippant. Mais en jouant un peu les godiches (ou pas vraiment), on peut convaincre les gars de monter et descendre la moto.

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On rejoint assez facilement la route n.13, celle qui traverse le Laos du Nord au Sud. On la remonte donc avant de bifurquer vers la route qui nous mènera au plateau.

On opte pour cette première nuit pour le homestay Ning, conseillé par Yves, et assez proche du début de la boucle. Quand on parle de homestay, il s’agit principalement dans cette région d’un grand dortoir situé au dessus des parties d’habitation de la famille accueillante. Il y a des matelas à même le sol, une bonne couverture pour le froid (la température a chuté de 10° avec l’altitude) et des moustiquaires pour protéger les lits, et on utilise les douches de la famille. Généralement les homestays prévoient la possibilité de manger avec la famille, mais ce n’était pas le cas ici.

Jour 2 – Route vers Tad Lo

On a finalement décidé de ne pas faire la partie ouest de la boucle mais de passer par la route centrale pour aller vers Tad Lo, mais d’abord nous sommes allées voir nos premières chutes, celles de Tad Fane. Étant très tôt sur place, nous profitons de la quiétude du lieu, sans personne pour nous déranger dans notre contemplation des chutes jumelles. 120 mètres de haut dans une cuvette dont les parois rocheuses sont couvertes de mousses scintillantes.

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Nous reprenons ensuite la route direction Tad Lo en pointant au nord après Paksong, la « shitty » place, où il fait froid et il pleut. Nous roulons entre les gouttes et ne serons pas du tout mouillées.

Sur la route entre Thateng et Tad Lo se trouve un village de l’ethnie des kaelum, regroupée sous le terme « katu » par le gouvernement laotien. Le village est « visitable » avec Mr Hook, qui nous emmène dans les plantations de café du village, nous explique l’histoire et la culture du café, les traditions du village (assez perturbantes) et son savoir des plantes médicinales.

L’ethnie vit encore en vase clos, fermée au monde, en croyant encore que la terre est plate, que tous les blancs viennent du même pays ou ils fabriquent l’argent et font travailler les noirs à leur place… Ils fument aussi encore des grosses pipes à eau en bambou, et ce depuis l’âge de 3 ans. Quand on est arrivées, ils étaient tous stone, y compris Mr Hook. C est un village animisme, polygame, où les femmes sont des biens, qui travaillent aux plantations. « Si tu as 3 femmes, tu n es plus obligé de travailler. Moi je suis pauvre, je n ai qu’une femme, j’aimerais bien être riche et en avoir 3 » dixit notre guide. Ça a l’air d’être chouette d’être une femme ici, achetée à coup de buffles, devant accoucher seule dans la forêt, et si elles se retrouvent veuves, elles sont ré-attribuées aux frères, ou pire, au père du mari, et ce, à partir de 8 ans.
La visite est à la fois intéressante et choquante.

On rejoint ensuite le homestay de Mama Pap, où on laisse nos affaires pour aller voir les chutes du village, qui sont assez jolies, dans la lumière de la fin d’après-midi.

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On y fera même un petit plongeon (enfin, plutôt une trempette vu le courant). C’est très rafraîchissant! Mais évidemment, tout habillées…

On passe la soirée avec un couple franco-québécois qui logent aussi chez Mama Pap. Ça fait tellement du bien de causer en français autour d’une petite bière!

Jour 3 – Route de la grande boucle

On part assez tôt après la célèbre masta crêpe banane-chocolat de Mama Pap, la journée de route sera assez longue. On va principalement ne faire que rouler toute la matinée, sauf pour un arrêt cascade à Tad Faèk (on a loupé la visite des plantations de soies et thés et on n’avait pas envie de faire demi tour).

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On s’arrête pour manger dans un petit bouiboui le long de la route, près d’une rivière où les écoliers prennent leur temps de midi pour se rafraîchir. On en profitera aussi pour faire le plein… à la bouteille! Normalement, après ce village il n’y a plus de ravitaillement possible avant un bon bout de temps. On aura quand même vu une station d’essence plus loin, les infos de Yves ne sont donc pas à jour sur ce point.

On bifurque sur la route pour rejoindre Paksong. Bien qu’elle soit appelée la « nouvelle » route, elle est vraiment assez mauvaise. C’est bien dommage car c’est vraiment à cet endroit que les paysages sont les plus beaux et les plus sauvages.

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Comme il est encore assez tôt, on rejoint les chutes de Tad Tayicsua, perdues dans la jungle, après une assez longue (mais bonne) piste de terre.

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Il s’agit en fait de plus de 7 cascades que l’on peut aller admirer en se promenant dans la jungle. On n’en verra que 4, le chemin dans la forêt étant assez rude niveau dénivelé et parce qu’on ne veut pas rouler de nuit. L’une d’entre elles est vraiment très belle, assez haute, et on la contemple en arrivant par le bas, ce qui la rend encore plus impressionnante!

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Par contre celle qui nous aura coûté le plus d’efforts (tout en bas du petit sentier) est assez décevante. Après cette remontée épuisante, nous nous dirigeons vers H-Tida, la guesthouse où nous retrouvons un vrai lit pour notre dernière nuit sur le plateau.

Jour 4 – Chutes et retour à Paksé

Nous partons un peu tard de la guesthouse pour ce dernier jour de route, ce qui fait que quand nous arrivons à Tad Yuang, nous sommes suivies de près par un énorme car de Chinois. Comme ils ont le chic de nous empêcher d’admirer les lieux, on les laisse passer (ils sont plutôt des fast-visiteurs contrairement à nous) et on repère et suit un petit sentier qui s’enfonce dans les plantations (Luce avait lu qu’il existait un chemin entre Tad Yuang et Tad Fane et voulait voir si c’était ça). Malheureusement, après environ 20 minutes de marche, on subit une attaque en règle de sangsues. On bat en retraite le plus rapidement possible pour découvrir dans les toilettes 5 morsures sur Luce et 2 sur Syl. Aïe! En plus, avec l’anticoagulant qu’elles injectent, ça pisse le sang. Après avoir pansé nos plaies, on peut enfin profiter de la cascade, de fait désertée par les Chinois (à bien oui, ça fait 2h du coup!). Elle est sympa, et rafraîchissante vu les embruns.

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Direction notre dernière cascade du trip, Tad Champi. On y accède par une piste boueuse assez casse-gueule de presque 2km. La chute n’est pas très haute mais on peut nager dans son bassin et même passer derrière le rideau d’eau.

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On aura hésité à cause de nos plaies récentes, mais la tentation est trop grande. On en profite même pour se couper les cheveux dans ce très beau décor.

Retour assez tardif sur Paksé, via une route pas top, pour tomber dans un trafic de dingue en cette fin de journée (et dans le noir). Luce aura quand même pu acheter son panier à sticky rice pour pouvoir pique-niquer et entamer un effort zéro déchet (ou juste moins de déchets…).

Très bonne première expérience de road-trip pour nous! On aurait sûrement pu faire la grande boucle en 3 jours si on n’était pas passées à Champasak (facultatif après Angkor). Le plateau des Bolavens, c’est de la nature, mais surtout des petits villages typiques! Du coup, il faut faire fort attention à tous les animaux de bord de route: vaches, cochons, chèvres, chiens et surtout poulets suicidaires! Et parfois… des serpents!

 

Récap’ des infos utiles

– 4000 îles > Paksé : 50.000 kips par personne (bateau compris) attention trajet en mini-van en basse saison, pas toujours agréable
– Nuit à Paksé : 100.000 kips la double avec AC au Lankham Hotel (la standard ressemble à une cellule et le personnel est aussi sympa que des gardiens)
– Location de moto : 50.000 kips par jour pour une semi-automatique (casques, cadenas, infos et cours si nécessaire inclus + dépôt gratuit des gros sacs) chez miss Noy (+ 10.000 kips one-shot pour un sac à dos au cas où)
– Vat Phou : 50.000 kips par personne + 5.000 kips pour la moto
– Cata-palette : 20.000 kips par moto (à donner sans demander le prix sinon ce sera plus)
– Homestay Ning : 20.000 kips par personne
– Tad Fane : 5.000 kips par personne + 5.000 kips par moto
– Tour chez Captain Hook (Ban Kok Phoun Tai) : 15.000 kips par personne (paille en bamboo à 5.000 kips)
– Guesthouse Mama Pap : 25.000 kips pour un lit 2 personnes (15.000 kips la masta crêpe!)
– Tad Faèk : 5.000 kips pour la moto
– Nouilles au buibui (à gauche après le grand pont) : 10.000 kips par bol
– Essence en bouteille : 10.000 kips le litre (dans les pompes ce n’est qu’un tout petit peu moins)
– Tad Tayicsua : 5.000 kips par personne, moto inclue
– Guesthouse H-Tida : 70.000 kips pour une double avec sdb
– Tad Yuang : 10.000 kips par personne + 5.000 kips pour la moto
– Tad Champi: 5.000 kips par personne + 3.000 pour la moto

3 réflexions sur “Moto roadtrip #1 – Plateau des Bolavens

  1. Dur de tout suivre tellement il y a de choses, mais ça fait une belle série de livre comme le routard, bien sympa en tout cas saurez plus ou vous poser en rentrant après tant de beau paysage

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