
Pendant que vous étiez en train de marcher pour le climat, on a, pendant notre petite trempette de 30 minutes, ramassé 3 plastiques sur moins de 50m. En les voyant flotter, on comprend pourquoi les tortures les bouffent.
L’environnement, en voyage, c’est une question compliquée. On est parties armées de bon sentiments et avec une trousse de toilette quasi zéro déchet, mais la réalité, c’est que le plastique est omniprésent au quotidien depuis le début de notre voyage. Il relève quasi de l’exploit d’empêcher une vendeuse de te refiler le plastique avec ce que tu achètes (mais bon, ça peut s’avérer utile d’en avoir un sous la main dans les bus au Laos, pour toi ou pour les autres…). Et quand tu brandis ton sac, que tu avais évidemment gardé de la dernière fois, on rigole de toi.
Mais ce qui est le plus délicat, ce sont les bouteilles d’eau. On a un filtre, on a une gourde, mais ils ne sont pas compatibles… En plus, le re-fill d’eau à partir des grosses bidonnes « bubble » n’est pas toujours automatique. C’est étrangement au Laos et au Cambodge qu’il a été le plus facile de trouver des re-fills, moyennent quelques kips ou riels. Par contre, nous avons été choquées en Thaïlande de la difficulté de faire reremplir une bouteille d’eau, à part dans les très grandes villes où il y a des distributeurs d’eau (1 baht le litre). On ne parlera pas de Singapour, puisque l’eau est potable au robinet ! Pour Bali, difficile à savoir comment ça se passe dans les hôtels, puisqu’on squatte une vraie maison (avec des bidonnes bubble… Danone, Whaaat ?).
On a acheté des pailles en bambou dès qu’on a pu, mais là aussi, c’est parfois difficile de stopper le serveur avant qu’il ait mis la paille dans le verre… On devrait avoir l’habitude systématique de demander « no straw », mais c’est difficile, principalement parce qu’on n’est pas sures d’être comprises et aussi parce qu’on y pense souvent que trop tard.
Mais ce qui nous horrifie le plus, ce sont les décharges à ciel ouvert, dans une rivière, un creux, une gorge, … ils sont partout, avec l’odeur qui va avec ! C’est difficile à comprendre pour nous que les gens acceptent de vivre dans un tel environnement, et surtout, n’y font rien. Recycler, c’est pour les riches ! Ça nous fait prendre conscience de l’immensité du travail qui reste à faire, si on veut pouvoir sauver l’espèce humaine. C’est utopique, et en même temps, nous nous devons de garder espoir.
Nous essayons de faire attention, tout en sachant qu’après ce voyage, notre quota d’avion sera bien plus qu’écoulé. On refuse un sac ou une paille alors qu’il y en a des centaines sur le bord de la route.
Malgré tout on essaie de continuer nos efforts. D’une part, ça nous donne bonne conscience, et d’autre part, on espère donner l’exemple. On sait qu’on n’est pas la goutte d’eau qui fera déborder le vase, mais c’est toujours ça de gagné.
