L’affaire du van

Comme vous le savez désormais, nous comptons rester assez longtemps en Nouvelle-Zélande. C’est pourquoi nous avons besoin de pouvoir disposer d’un espace de vie où nous sentir bien.

Après une semaine dans le Coromandel, et nos premières journées complètes de pluie, nous nous sommes rendues à l’évidence : ce ne serait pas le cas dans Maggie le van. Après quelques recherches, nous nous sommes en effet rendu compte qu’elle était moins haute que la plupart des vans, et assez courte. En outre, le lit de 1m de large ne nous permettait pas de dormir convenablement. Et sans sommeil convenable… nous n’allions pas tenir le coup !

La décision est tombée un peu avant le nouvel an : nous allons mettre en vente Maggie le van. Pour ce faire, Facebook a été notre meilleur ami. Nous avons pris de belles photos un jour de soleil où nous nous trouvions dans un cadre sympa et nous avons travaillé notre annonce pour qu’elle attire l’œil. Ce fut un succès ! Postée avant notre break du Nouvel an, nous avions déjà quelques demandes pour début janvier.

La validité du contrôle technique arrivant à échéance, nous avions prévu de passer le fameux WOF (warranty of fitness) avant la vente. Comme nous étions toujours sur Rotorua (environ 200 km d’Auckland) et que le précédent propriétaire nous avait assuré que le van passerait sans soucis le contrôle, nous nous sommes rendues dans un centre automobile (AA pour les initiés) sur Rotorua. Mauvaise surprise : nous ratons le WOF ! Il faut changer 2 pneus, les plaquettes de frein avant et un protège phare. Douche froide ! On essaie par tous les moyens de faire régler ces points le jour-même dans les garages du coin, mais c’est toujours les vacances pour les Néo-Zélandais et la grande majorité des garages sont fermés jusqu’à lundi (nous sommes vendredi). Ah… Comme nous voulions nous rendre à la foire aux vans d’Auckland, qui a lieu le samedi matin, et que nous nous sommes dit que la probabilité de trouver un phare serait plus grande à Auckland, nous avons décidé de faire la route et de retenter le WOF sur Auckland après.

Entre temps, des acheteurs potentiels nous ont contacté, car ils souhaitaient absolument voir le van ce soir-là. Nous sommes donc passées dans un carwash pour rendre Maggie présentable et nous avons rencontré ces 3(!) Français, qui après une visite de 45 minutes et un test de 5 minutes ont décidé… de l’acheter directement ! On ne s’attendait vraiment pas à ça ! Nous qui trouvions le van déjà fort petit, on n’imagine pas trop comment doit être la vie à 3 dedans. On les a pourtant bien informés qu’il n’était self-contained que pour 2 personnes, mais ça n’avait pas l’air de les déranger. Du coup, on accepte, surtout qu’ils nous proposent un prix un peu plus élevé que celui auquel on l’avait acheté et qui permettrait donc de couvrir les réparations. En outre, cela nous permettait de ne plus devoir aller à la foire et d’essayer de faire au plus vite les réparations. Par contre, cela signifiait aussi que nous allons devoir accélérer nos recherches pour un nouveau van !

Heureusement pour nous, nous avions déjà fait quelques recherches sur Facebook et nous avions nous-même une visite de van le soir même, dans un endroit où nous pourrions passer la nuit (il est difficile de trouver des endroits où loger sur Auckland). Après une visite également assez courte, nous faisons « nos Français » et on décide de l’acheter. En effet, celui-ci n’est pas très joli de l’intérieur, mais est assez grand en longueur et en hauteur pour nous donner un espace de vie plus vivable et agréable. Comme nous projetions de faire de toutes façons des modifications, nous sautons sur cette opportunité car nous avons peur qu’elle ne disparaisse le lendemain à la foire.

Nous abandonnons notre futur nouveau van et son propriétaire pour partir à la recherche d’un phare et de nouvelles plaquettes de frein. Nous nous lançons donc dans une quête effrénée de la pièce manquante dans toutes les casses et carrosseries que l’on trouve. Finalement, ce n’est que début d’après-midi et après avoir eu des envies de vol, que nous la trouvons. Ouf ! Reste à la placer et à changer les plaquettes. Comme on estime qu’elle freine assez bien, on se décide, naïvement, à aller repasser le WOF dans un autre garage ouvert le samedi après-midi.

Grossière erreur ! Après le WOF, en plus des plaquettes de frein (car tout est enregistré dans une base de données centralisée), nous nous retrouvons à devoir changer un joint de la portière et le pare-brise, et réparer de la rouille. Là, on a vraiment envie de s’effondrer. On a joué et on a perdu… Devis approximatif à plus de 1000 $, mais possibilité de le faire dans les 2 jours qui viennent puisqu’ils sont ouverts le dimanche. Étant donné que tout sera ré-enregistré dans la base centrale, nous n’avons pas le choix et nous acceptons. Comme on ne pourra pas vivre dans le van, la garagiste nous emmène avec elle et nous propose de rester dans une maison vide (sauf un lit, une table et des chaises), qu’on pense qu’elle vend. Bizarre ! Mais bon, pour nous ça nous donne un vrai lit, une douche et une toilette et franchement, c’est déjà mieux que dans Maggie. Sur le chemin, on discute un peu avec Doreen (la garagiste) et on lui explique qu’on l’a acheté il y a moins d’un mois et qu’on le revend car il est trop petit pour nous.

On passe ensuite une soirée et une matinée dans cet endroit désert avec le moral à zéro. Pour se regonfler un petit peu, on va au cinéma voir un dessin animé qu’on attendait depuis plus d’un an (How to train your Dragon 3). Ça a l’effet escompté jusqu’à ce que l’on reçoive, très peu de temps après, un sms de Doreen : « I need to talk to you ». Dans toutes les langues, ce genre de phrase est assez mauvais signe. On la rappelle, après s’être fait un sang d’encre… et en fait non, ce n’était pas une mauvaise nouvelle ! Doreen a eu pitié de nous et de notre situation et nous propose de ne changer que les plaquettes de frein et le phare, de ne pas enregistrer les autres points de leur WOF et d’aller repasser le contrôle chez AA. Mais tout cela demain car on est dimanche et que tout est fermé. Cela nous fait donc une deuxième nuit gratuite !

On retourne le lendemain avec Doreen au garage et on récupère Maggie, pour aller, en sa compagnie, au garage AA le plus proche. Ils ne peuvent pas le faire repasser, il faut aller à Rotorua. On the road again ! A Rotorua, plus de problèmes, on le passe sans soucis et on reçoit la petite étiquette tant désirée. Nous arrivons donc à une opération nulle entre l’achat et la revente, en ce compris les réparations, ce qui nous soulage grandement !

Comme il est assez tard lorsque nous revenons sur Auckland, le transfert de van n’a lieu que le lendemain, après quoi nous faisons la route, dans notre nouveau van qui n’a pas encore de nom, direction Tauranga pour enfin aller chercher du boulot !

L’histoire ne s’arrête cependant pas là…

Le soir-même, nous nous arrêtons dans un free camp et quelle n’est pas notre surprise de découvrir que, 1) l’évier est inutilisable car le trou a été fait par un clampin incapable de faire un trou rond… donc l’eau coule à coté du joint et inonde les armoires en dessus, et 2) le lit en peigne n’a qu’un pied…

On ne sait pas qui a créé cet arrangement, mais vraiment, il ne devait pas être bricolo pour un sous.

Nous passons également une grande partie de la journée du lendemain au garage car la courroie de distribution n’est pas assez serrée et que le van a commencé à faire un bruit d’enfer. On n’a pas du tout l’impression de s’être fait encore arnaquer. Manifestement, on a du mal à retenir les leçons…

A part cela, le van roule bien, même en montée, et on espère que cela durera ! Quant à l’arrangement, nous allons simplement devoir changer nos plans et trouver rapidement un endroit où s’atteler à la tâche, le vider, le nettoyer et tout reconstruire dedans. On vous tiendra au courant !

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