Au début du mois de juillet, la neige est enfin arrivée en suffisance au Mount Hutt, la station de ski au pied de laquelle nous avons élu temporairement domicile. Nous n’avons cependant pas énormément de « day off » au café, ni surtout au lodge. Nous profitons donc un jour par semaine de la neige et du ski !

Pour nous qui n’avons jamais été qu’en France et en Suisse (et avons seulement pris un télésiège au Japon), la différence est assez importante.
D’abord, au niveau du prix des forfaits, celui-ci est plus élevé par jour que celui pour les 3 Vallées alors que la station n’en fait même pas un cinquième ! Nous avons d’ailleurs tergiversé tout le mois de juin pour savoir si oui ou non nous achèterions le forfait pour la saison (qui se rentabilise en 4 jour de ski du fait que nous avons bénéficié de la réduction « résident »). Finalement, nous nous sommes quand même lancées car il aurait été assez frustrant de vivre au pied des montagnes sans jamais pouvoir y aller.
Ensuite, la taille de la station est extrêmement petite, surtout que la moitié des pistes n’a pas ouvert avant la fin du mois de juillet. La station devait avoir recours aux canons à neige vu un climat chaud-pluvieux et froid-ensoleillé. Il y a 3 télésièges, dont 1 seul débrayable et les 2 autres sans porte-ski, et deux remonte-pentes roulants (pas de tire-fesse). La station est par ailleurs uniquement réservée au ski (et snowboard, etc.). Pas d’hébergement là-haut, il faut retourner à Methven pour se loger au plus près. Par contre, il y a quand même café et resto, le tout détenu par la station elle-même.

Enfin, l’organisation tellement roulée des Français fait ici complètement défaut. Les télésièges ne sont pas toujours utilisables avant midi dû au gel, les pistes ne sont pas damées ou dégelées (« de-icing ») avant l’heure d’ouverture de la station et la route d’accès est une route de gravier de 14km qui grimpe pas mal par moment et qui n’est pas déneigée (et soumise à des risques d’avalanche ce qui implique aucun arrêt sur une partie). Nous avons été vraiment surprises par cette organisation spéciale. Vu le prix des forfaits surtout, nous nous attendions au moins à ce que la route d’accès soit utilisable par n’importe quel véhicule (y compris notre van). Mais nous ne nous risquerions pas là-haut avec un van sur une route si mal aménagée et dégagée.
D’autre part, le balisage des pistes est aussi difficile à appréhender. En gros, tu montes tout en haut et tu descends n’importe où sur ce qui te semble être une piste (et qui peut te mener dans un champ de blocs de glace !). A part les vertes qui sont assez bien indiquées (et visibles), la différence entre bleues et rouges est plus difficile à cerner. Quant aux noires, il aura fallu attendre de vraies bonnes grosses chutes de neige pour qu’elles soient ouvertes, mais nous ne nous y sommes pas aventurées car il s’agissait surtout d’une couche bien lisse de glace de laquelle la neige tombée a été soufflée par le vent terrible qui sévit là-haut.

Avons-nous de trop hauts critères ? Sans aucun doute, car ici les gens trouvent cela normal et la station du Mount Hutt est déjà d’une taille très appréciable par rapport aux autres stations du pays.
Nous avons donc passé un premier jour de ski à découvrir la station. Mission accomplie avant même l’heure de midi. Nous avons du coup déclaré forfait vers 14 heures car le temps se gâtait vraiment de trop et qu’on avait le sentiment d’être un poisson rouge dans un bocal.
Vu que nous avions déjà fait le tour de la station, nous avons opté pour une autre option lors de notre seconde escapade : Luce décide d’apprendre le snowboard. Cela nous a permis de rester sur les petites pistes vertes sans nous ennuyer de toute la journée. Nous avons même pris le télésiège qui mène à une longue piste verte qui a permis à Luce de faire pas mal de progrès et de faire déjà plusieurs tournants sans manger de neige. Cependant, lors de la toute dernière piste, à 20 mètres de l’arrivée, Luce fait une chute un peu plus brutale que les autres (une faute de care, ça ne pardonne pas en snowboard), sur la glace (car il n’a toujours pas assez neigé), et se rentre son protège-poignet dans les côtes. Elle va du coup devoir rester au repos pendant 2 bonnes semaines, mais la radio indique qu’heureusement, rien n’est cassé !

Syl ira quand même profiter de son day off de la semaine et ira skier avec Timon, un jeune Allemand qui loge au lodge et avec qui on s’entend assez bien, puis avec Thomas, un autre expert-plongeur du café. Elle rentrera aussi pour la première fois en stop (très habituel ici en Nouvelle-Zélande).

Lorsque Luce est quasi remise, nous repartons skier ensemble (fini le snowboard pour le moment !) et profitons enfin d’une ouverture totale des pistes rouges de la station. La neige n’est toujours pas topissime, mais la vue de la fameuse « Virgin mile », LA piste que nous voulions absolument faire, est magnifique. Cette piste suit la crête de la montagne permettant de voir d’un côté les paysages montagneux et les gorges de la rivière Rakaia, et de l’autre, les plaines de Methven et même, l’océan ! Nous profitons à fond de cette journée et rentrons à nouveau en stop !

Nous bénéficions aussi d’une journée bonus ! En effet, vu qu’il a bien neigé il y a deux jours, Marya, la patronne du café nous offre un « day off » surprise pour que nous puissions profiter de la montagne. Sous ses airs sévères, elle a en fait un cœur en or et veut vraiment que nous passions du bon temps dans son pays. Nous voilà donc embarquées par Timon et Thilo sur la route de graviers et arrivons vers 8h40 à la station après un arrêt chaines puisque la route n’est pas vraiment dégagée sur les hauteurs. Les paysages sont enfin plus hivernaux et nous offrent un Mount Hutt bien blanc de chez blanc ! Par contre, il n’y a que le petit télésiège de 4 personnes qui fonctionne car il y a trop de vent pour permettre d’aller tout en haut (rafales de 90 km/h). On se contente donc des petites pistes bleues du bas, mais l’attente au télésiège étant tellement longue, nous devons aller nous réchauffer à l’intérieur en attendant que le vent se calme. La suite de la journée va de mieux en mieux. Le vent se calme et nous pouvons monter tout en haut. La neige est vraiment super même si le vent en a déjà soufflé une bonne partie. Le paysage tout en haut est encore plus splendide que la dernière fois, mais nous ne pourrons pas aller sur la Virgin Mile qui restera fermée toute la journée à cause du vent (vu que c’est une crête, c’est assez logique). Nous passons ainsi une dernière journée magnifique et en profitons pour terminer toutes les pistes que nous n’avions pas encore trouvé.

La fin de notre séjour ici se profile déjà, mais nous prévoyons d’aller encore skier les 2 derniers jours avant de nous envoler pour l’Australie, le 7 août prochain. Et qui sait, à notre retour en octobre, il y aura peut-être encore assez de neige pour pouvoir aller profiter une dernière fois du Mount Hutt !


Vous êtes des veinardes. Quels paysages fantastiques. Heureusement vous nous les montrer. Je me régale ou plutôt mes yeux se régalent et, du coup, j’ai l’impression même si je suis à mon bureau enfermée, d’avoir un espace immense devant moi et dans mon cœur. Bise!!!
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Merci de nous tenir au courant de vos multiples aventures ! Quelle expédition ! On vous souhaite encore beaucoup de rencontres et découvertes et on vous embrasse toutes deux ! Françoise et Thierry
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