This is the end…
Welli et rugby
Après nos adieux à l’île sud et une traversée en ferry assez agréable, calme et divertissante (on a vu des dauphins !), nous sommes de retour dans la capitale où nous restons deux jours pour compléter un peu notre dernière visite. Au programme, retour au Te Papa, balade sur le port et dans la ville et surtout se trouver un pub pour la petite finale de la coupe du monde de rugby. Nous restons cependant toujours perplexes par rapport aux explications trop sommaires à notre goût sur la culture et l’histoire maories du musée. Il nous semble qu’en deux mois en Australie, on en a appris plus sur la culture aborigène qu’en 10 mois sur la culture maorie. Légèrement frustrant ! Par contre, voir les All blacks écraser le Pays de Galles en sirotant un délicieux cocktail est plutôt jouissif !
Mount Taranaki (alias the lonely mountain ?!)
La suite du programme est de découvrir de nombreux endroits de l’île nord que nous n’avions pas encore pris le temps d’admirer lors de notre premier passage. Nous mettons donc le cap vers le mont Taranaki, situé un peu plus au nord et à l’extrême ouest. Avant même d’y arriver, la nature nous gratifie d’un nouveau cadeau : une famille d’orques se baladant le long de la côte longée par « l’autoroute ». Wouaw ! Arrêt obligatoire, légèrement dangereux et qui cause un bouchon (ce n’est pas notre faute si tout le monde nous imite !), mais qui en vaut la peine !

Comme l’ascension du Taranaki est réservée aux randonneurs chevronnés pendant seulement 15 jours par an quand la neige ne couronne plus le sommet, nous devons nous contenter de le voir de loin. Nous optons pour une rando plus facile jusqu’à une petite mare « instagram » qui peut théoriquement offrir une magnifique réflexion les jours sans vent. Ce n’est pas le cas ce jour-là, mais la vue reste magnifique.

C’est aussi l’occasion de travailler notre sprint pour essayer de prendre une photo retardée… 10 secondes, ce n’est pas très long, surtout quand il faut éviter les pièges dans les caillebotis !
Ce soir-là, nous choisissons un free camp pas trop loin situé dans une réserve sans prédateurs pour essayer d’apercevoir des kiwis (l’oiseau, parce que les fruits et les gens, on les a bien vus, eux). Entrer dans cette réserve c’est comme entrer dans Jurassic Park ! La réserve n’est accessible que via 2 portes électriques et est clôturée tout du long. L’endroit est aussi très beau, avec un petit lac et une belle forêt. Nous n’y voyons pas de kiwis, mais entendons leur voix pour la première fois !
Whanganui Journey
Pour résorber notre frustration de ne pas avoir fait de great walk en entier, nous décidons d’entreprendre celui où les bras sont plus importants que les jambes, le Whanganui journey, qui se fait… en canoë !

Pour la petite histoire, la Whanganui river et le mont Taranaki sont liés dans une légende maorie. Le mont Taranaki était l’époux du mont Ruapehu. Cette dernière a cependant été courtisée et séduite par le mont Tongariro et la bataille des deux prétendants s’est soldée par la défaite du mont Taranaki et son exil. La rivière Whanganui est le chemin tracé par Taranaki lors de sa fuite. Selon les Maoris, il est préférable de ne pas vivre entre les deux au cas où Taranaki reviendrait à la charge !
Pendant 3 jours, nous suivons ce même chemin, sur un canoë bien rempli ! Nous sommes plus en mode « glamping » que camping, avec 4 tonneaux hermétiques bien remplis, une glacière, une tente, un réchaud grand format et une boite hermétique pour les électroniques.
Nous quittons le rivage à Whakahoro. Nous aurions pu commencer plus en amont de la rivière, mais cela aurait nécessité 1 ou 2 jours supplémentaires et la météo ne s’y prêtait pas. Nous avons donc opté pour le plus court, sachant que nous ne sommes pas des expertes en la matière. Nous pagayons environ 6 heures cette première journée, sur une rivière assez calme, bordée de falaises et de murs de fougères. La forêt qui nous entoure est magnifique, comme partout en NZ, et nous n’entendons que le murmure de l’eau qui tombe en petite cascade et le chant des oiseaux.

C’est très apaisant, même si à la fin de la journée nous sommes très fatiguées et sommes un peu stressées de louper le campement où nous devons nous arrêter. Il est entre deux rapides, mais nous parvenons à garer en douceur le canoë et à commencer le débarquement. Eh oui ! C’est là qu’on se rend compte que le glamping c’est bien jusqu’à ce qu’on doive tout retirer du canoë et tout remonter sur la colline, avec 6 heures de pagaie dans les bras ! Pas grave, cela nous aidera à bien dormir… ou pas. Nous découvrons que l’un des matelas loués est troué au-delà du réparable avec les moyens du bords (des sparadraps !). Nous ne passerons donc finalement pas une très bonne nuit et devrons enchainer une seconde journée de canoë sans beaucoup de sommeil pour nous remettre en état.

La seconde journée est cependant encore plus belle que la première. Nous pourrons aussi abandonner le canoë pour une petite expédition dans cette forêt si luxuriante sur une ancienne piste utilisée pour le ravitaillement lors de la seconde guerre mondiale. La piste n’est jamais devenue une route, mais un pont en béton a été construit et subsiste encore au milieu de nulle part, ce qui justifie son nom « bridge to nowhere ».

Cette deuxième journée nous mène jusque Tieke Kainga, une marae/hut mi-DOC mi-propriété privée maorie. Nous sommes accueillies par le propriétaire, qui nous indique un peu les us et coutumes et nous invite même à dormir dans la marae. Une marae, c’est un endroit où les membres d’une tribu se réunissent et dont les murs ou devantures de porte sont généralement gravés avec les histoires de la tribu. C’est donc à la fois un lieu de rassemblement et de savoir. C’est leur façon de garder une trace du passé. Comme cela implique de dormir avec des gros ronfleurs qui nous ont déjà dérangés la veille à quelques tentes d’écart, on décline poliment, mais on emprunte des matelas qui nous permettront de passer une meilleure nuit et d’être plus reposées pour affronter la dernière journée.

Et quelle dernière journée ! Nous sommes le 8 novembre, et nous ne pouvions pas passer l’anniversaire de notre terrible expérience de kayak en Thaïlande sans se mouiller ! La dernière journée comprend de beaux rapides, certains bien gérés et un en particulier, très mal ! Nous prenons la grande vague de plein front sans la maitrise ou la vitesse nécessaires et … nous nous retournons ! Plus d’eau que de mal cette fois, on récupère tout (même le carnet de dessin de Luce qui flottait à quelques mètres de nous) et on passe surtout un long moment à écoper notre canoë tout rempli. Heureusement, il fait très bon et la fin est proche. Finalement, la drache annoncée n’arrivera que le surlendemain.

Ce fut une très bonne expérience, qui nous a permis de nous remettre à flot et nous rabibocher avec la pagaie en général, dans des paysages juste magiques et une ambiance très paisible.

Petite étape par Taupo
Nous quittons la rivière Whanganui et rejoignons le lac Taupo en passant à côté du Tongariro et de sa dulcinée Ruapehu (et quelle dulcinée !) encore enneigés.

Lors de notre premier passage, nous n’avions pas pris le temps de faire quoi que ce soit aux abords de cet immense lac, qui est en fait le cratère d’un volcan (pour vous donner une idée, il fait plus ou moins la superficie de l’état de Singapour…). Nous y remédions en faisant la petite balade qui mène jusqu’aux Huka falls, rapides au débit très impressionnant sur la rivière Waikato, qui a elle seule génère 15% de la production électrique du pays.

Nous allons également profiter des merveilles géothermiques de la nature en allant nous baigner dans un bras de rivière d’apparence normale mais qui est en réalité (très) chaud et surtout gratuit.

Lake Waikaremoana, le mal-aimé
Avant de rejoindre Auckland, nous prenons encore le temps d’explorer une partie de l’île qui nous est encore méconnue, la péninsule de Gisborne. Nous y avions pourtant déjà passé beaucoup de temps, à Opotiki, mais sans jamais avoir vu autre chose que la route vers les champs de kiwis. Les principales attractions de la péninsule sont le great walk du lac Waikaremoana et la route côtière qui relie Napier à Opotiki justement. Nous foulons donc notre troisième great walk de l’île nord et notre septième great walk néo-zélandais. Et nous n’avons pas été déçues !

D’une part, la forêt est absolument phénoménale et d’autre part, les vues sur le lac valent presque celles du Roys Peak de Wanaka. Sauf que sur ce sentier, nous sommes presque seules ! Il s’agit en effet du great walk le moins médiatisé et le moins cher (pour les huts), alors qu’il peut être parcouru toute l’année sans risque. Si on avait su, c’est sans doute sur lui qu’on aurait jeté notre dévolu pour un parcours complet. Malheureusement notre planning (oui, ça nous arrive de planifier…) ne nous permet plus de prendre le temps de le faire et nous n’y passerons donc qu’une journée, mais quelle journée !

Into the far north
Après un bref passage à Auckland où nous profitons d’une petite kwak avec Maude et Damien dans leur QG de Mission bay, nous mettons le cap au nord.
Nous commençons déjà à préparer la vente du van, qui doit être réalisée avant la fin de notre visa, et notre inquiétude nous gâche légèrement nos premiers jours au nord, alors que la Bay of Islands a tant à offrir.

Heureusement, nous nous relaxons plus par après et profitons pleinement des magnifiques paysages, des plages splendides et de l’eau turquoise ! Parmi nos highlights de ce dernier roadtrip, il y a une nuit en free camp à « Doubless bay », où nous avons dormi sur une dune herbeuse surplombant la plage et la baie, les descentes en sandboard sur les vertigineuses dunes géantes de sable, la balade côtière jusqu’au cap Reinga, la 90 miles beach à perte de vue, les forêts de kauris et… une balade nocturne qui nous a permis de voir de très très près 3 kiwis sauvages ! C’est notre troisième chasse aux kiwis, et après les avoir entendus, les avoir entraperçus, nous les avons vraiment vus. Le dernier a d’ailleurs foncé droit sur nous en fouillant le sol de son long bec et est passé à 20 cm des pieds de Syl. Pas de photos néanmoins car nos appareils nos gèrent pas bien la luminosité rouge nécessaires pour ne pas faire fuir la faune locale. Nous sommes très émues d’avoir pu les voir aussi bien. Quelle expérience !
Les kauris nous ont aussi fort impressionnés. Il s’agit d’arbres endémiques immenses ! La cabane qu’on pourrait construire dedans serait un véritable palace ! Le plus grand, considéré comme sacré et un dieu est Tane Mahuta. Son tronc fait 17m de haut et 13m de diamètre, sa hauteur totale est de 51m et il aurait environ 2000 ans ! Il a vu arriver les Maoris et les Européens, il a vu les moas, ces espèces d’immenses autruches disparues avec l’arrivée des Maoris et toutes sortes d’autres espèces éteintes désormais. Malheureusement, ces géants se meurent à cause d’une maladie propagée par les champignons. Ses racines sont très fragiles et lorsque l’on se promène et qu’on marche dessus, cela fragilise l’arbre qui est alors susceptible d’attraper la maladie. La plupart des balades ont d’ailleurs été fermées ou complètement aménagées pour qu’on ne puisse pas marcher sur les racines. Il y a également des dispositifs pour désinfecter les chaussures qui pourraient transporter les spores des champignons. Ces arbres sont magnifiques et extrêmement impressionnants et on espère vraiment que ces solutions seront suffisantes pour les maintenir en vie.

C’est ainsi que se termine notre dernier roadtrip en Nouvelle-Zélande. Nous sommes immensément tristes de devoir quitter ce pays que l’on a adopté si facilement et qui nous a offert tant de merveilles. Heureusement, ce n’est pas encore la fin puisqu’après un petit séjour en mer dans les Fidji, nous revenons passer Noël avec Maude et Damien avant de s’envoler définitivement pour nos prochaines aventures.
