Du vent dans nos voiles

Etant contraintes et forcées (pauvres de nous !) par notre visa de quitter le territoire, nous avons décidé d’en tirer le meilleur parti et d’aller… aux îles Fidjis !!! Nous voulions une destination proche, chaude et dépaysante. Le choix définitif s’est porté sur Fidji car nous y avons trouvé une opportunité de voyager et visiter les différentes îles en voilier. Notre idée initiale était de quitter la Nouvelle-Zélande en voilier, mais novices que nous sommes, nous n’avions pas considéré les saisons, et le fait que tous les voiliers rentraient fin novembre vers la Nouvelle-Zélande pour y passer la saison des cyclones au calme. Pas de bol… Nous avons eu malgré tout la chance de pouvoir naviguer une bonne semaine sur place, d’île en île sur « el hollandes errante » avec « el hollandes errante » en question !

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De Nadi à Buca bay

Mais d’abord, il nous a fallu rejoindre l’endroit où embarquer sur ledit voilier. Et quel périple ! Il nous a fallu 3 jours par la voie « locale » (c’est-à-dire sans prendre l’avion) pour arriver à Buca bay où nous avions rendez-vous. Arrivées à Nadi, où se trouve l’aéroport international, nous avons tout d’abord pris un bus très confortable (environ 4h, avec la clim, quel luxe) vers Suva, la capitale. Malheureusement nous sommes arrivées un dimanche, ce qui ne nous a pas permis d’aller visiter LE musée. Dommage, nous aurions aimé en apprendre plus sur la culture… cannibale ! Et cela ne nous a pas permis non plus de nous renseigner sur le trajet du lendemain, ni d’acheter les tickets nécessaires. On le fait à la confiance !

Le lendemain donc, à 4h du matin, il nous en a fallu beaucoup pour espérer rentrer dans le bus, vu la masse de gens (et de bagages !) qui attendait bien avant nous le bus, et qui, eux, avaient leur ticket. Finalement, on a pu être casé à côté de 2 adolescents victimes de la malbouffe qui sévit ici comme partout dans le monde. Autant dire que ce n’était pas très confortable (Luce n’a même pas su dormir !). Mais on est dans le bus, donc on ne se plaint pas. Le bus était la première étape de la journée.

Seconde étape : le ferry ! On arrive à la jetée de Natovi et on voit partir un beau ferry, blanc et propre. On est contentes et on se dit que ça ira. Mais manifestement, le prochain (le nôtre) n’est pas de la même compagnie… On monte dans ce truc tout rouillé (qui ne passerait surement pas le WOF en NZ) en se demandant où sont les canots et les gilets de sauvetage. Pas en vue en tout cas !

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On a revu « notre » ferry quelques jours plus tard et on a enfin trouvé les canots!

Bon, on se trouve 2 chaises, dehors pour ne pas être malades (il n’y a évidemment pas la clim dans ce bazar). Par contre, Luce n’a pas fait son analyse soleil et après le départ et la prise de cap (plus le lever du soleil), on est en mode cuisson sur le pont… on ne va pas faire long feu. On se déplace et on repère d’autres places, près des toilettes mais à l’ombre, où Luce s’endort tout de suite. Après 4h de traversée, nous arrivons à Nabouwalu, sur l’île de Vanua Levu (la seconde plus grande), et nous sommes priées de remonter dans le bus qui débarque du ferry et nous emmène à Savusavu.

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Nous avons heureusement droit à un petit arrêt sur ce long trajet et on nous propose de la « nourriture de bus », directement à travers les fenêtres de l’engin. Génial, ça nous avait manqué. En plus, bonne nouvelle ici, tout est végétarien. On se prend des petits beignets (sans la sauce qui sent le feu), avant d’en reprendre encore ! Miam ! Nous arrivons assez tôt à Savusavu où nous avons prévu de dormir en airbnb et nous y sommes accueillies par Deta, une Fidjienne très sympa.

Dernière étape le lendemain, nous devons prendre le bus jusqu’à Buca bay. Mais on n’est pas sures, jusqu’à la dernière minute, de si et quand il part. On fait le plein de légumes et de pain et on monte dans le bus, avec nos sacs, vu que les soutes sont… ouvertes ! On roule encore 3h, avec la dernière partie en route en terre. Petit fait intéressant, la cloche pour arrêter le bus fonctionne avec un système de cordes reliées à des sonnettes de vélo, qu’on tire pour activer. Super intelligent !

El Hollandes errante

Et nous voilà à Buca bay ! Nous y retrouvons notre maison/bicoque pour la prochaine semaine. Il s’agit du catamaran « el hollandes errante » de 44 pieds de long, et nous y sommes accueillies par le capitaine Humberto, le hollandais/espagnol errant d’où il tire son nom. Nous rencontrons également Etienne, qui sera notre compagnon de route pour les 4 prochains jours.

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Petite visite du bateau et de notre cabine, explications du fonctionnement de la toilette marine, petit repas, puis on met les voiles, littéralement. Quelles sensations !

Nous voilà ainsi parties pour 7 jours de découverte avec le meilleur moyen de transport possible. Découverte des îles de Fidji, mais aussi de ses fonds marins par le snorkeling, et de la vie en bateau et de ses plaisirs et contraintes. Nous avons également appris beaucoup sur la navigation en mer, assez différente de celle qu’on avait pratiqué sur lacs.

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La vie à bord est rythmée par les tâches quotidiennes. D’abord, nous partageons avec l’équipage un petit déjeuner, nous avons même eu droit aux pancakes d’Humberto et lui avons fait découvrir les pains perdus ! Ensuite, viennent les manœuvres de départ, larguer les amarres ou remonter l’ancre (quand elle ne se retrouve pas coincée dans des rochers) et sortir la voile si le vent s’y prête ou allumer le moteur sinon. Puis prendre le cap de la route préparée avec soin par Humberto la veille ou plus tôt dans la matinée. On essaie de ne pas oublier de lancer les lignes des cannes à pêche pour satisfaire l’appétit poissonneux d’Humberto ! Vers midi, quand l’estomac de Syl se réveille, petite préparation de lunch. Généralement, c’est elle qui s’y colle car elle supporte mieux de rester dans la cuisine lorsque le voilier est en mouvement. On mange dehors près du poste de pilotage pour garder un œil sur l’horizon et le cap donné au pilote automatique. Quand on arrive à destination, ancrage ou amarrage si des bouées sont prévues pour. L’ancrage prend parfois beaucoup de temps parce que, et c’est là où le fait de voyager avec un capitaine expérimenté est intéressant, on se rend compte qu’il est important de bien choisir son spot, sable sans rocher pour ne pas se retrouver coincé ou abimer son ancre, ou encore dériver. Prendre le temps de bien faire son mouillage permet de passer une bonne nuit ! Ensuite, s’il est encore assez tôt, petit snorkeling sur les récifs magnifiques qui nous entourent. Humberto nous a emmené à des endroits assez spectaculaires, à la fois au-dessus et en-dessous de la surface. Puis souper et soirée tous ensemble avant de se mettre au lit.

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Outre cette routine, nous avons aussi pu voir comment tuer et dépecer un Mahi-mahi, énorme poisson à la tête très dure, que nous avons mangé cru puis cuit pendant trois jours d’affilée en découvrant ou inventant de nouvelles recettes.

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Nous sommes également descendus à terre pour visiter un centre scientifique qui « cultive » les bénitiers géants et les tortues marines pour booster le processus naturel, pour marcher dans les rues de l’ancienne capitale sur l’île d’Ovalau, alias l’île de Jurassic park, dont nous avons fait le tour, et pour découvrir le resort paradisiaque de Leleuvia en compagnie de Jim, instructeur de plongée qui cultive les coraux et décore les noix de coco dans son temps libre.

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Nous avons pu aussi avoir de nombreuses discussions très intéressantes et écouter les histoires d’Humberto qui navigue depuis 20 ans et qui a littéralement tout vécu : cyclones, tempêtes, passage de la mer rouge avec bakchichs et contrebandiers, expériences de vie à la fois espagnole et insulaire, … (« did I tell you the story about… », et la réponse est souvent « non »). Il a également de très nombreux contacts avec les habitants des différents endroits qu’on visite, ce qui nous a permis de rencontrer des locaux et découvrir une culture du partage et de l’entraide. Nous avons ainsi reçu des tonnes de fruits (mangues et ananas en échange de biscuits au chocolat !) et lorsqu’à court d’eau potable, on a demandé à des habitants sans eau courante de pouvoir remplir des bidons (pour tenir jusqu’à la prochaine pluie), ils nous ont même aidé à les transporter jusqu’au bateau.

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Ce n’est évidement pas facile tous les jours, mais nous avons beaucoup appris. La mécanique est un atout essentiel pour naviguer car nous avons eu une panne de moteur et une panne du désalinisateur, et Humberto a passé une journée (pendant qu’avec Etienne, nous étions aux commandes) à nous trouver une solution.

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Les instruments de bord sont essentiels mais pas omniscients. Quand il s’agit de trouver un mini passage à travers les récifs affleurants, il vaut mieux se fier à ses yeux et à ceux de son équipage plutôt que de suivre aveuglément le moniteur.

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C’est là qu’on est passés!

Par gros temps, mieux vaut rentrer un peu la voile pour éviter de l’abimer et pour pouvoir la rentrer plus rapidement si le temps se gâte vraiment. On a aussi appris que malgré des vagues très hautes, le catamaran flotte bien et les surmonte en douceur. Nous n’avons d’ailleurs pas été malades, mais il faut dire qu’à ce moment-là, nous sommes restées dehors malgré la pluie (ce n’est pas le moment de devoir faire pipi !).

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Enfin, grâce à notre année en van, nous étions habituées à cuisiner dans un petit espace, mais pas à faire la vaisselle à l’eau salée (miam, la tasse de cacao chaud au goût salé), ni à nous passer de douches à l’eau douce pendant plus de 3 jours (vive la pluie !).

En bref, nous avons passé une semaine exceptionnelle, dans des paysages magnifiques et paradisiaques, tout en étant en bonne compagnie. Une expérience que nous aimerions bien recommencer un jour tellement elle nous a plu !

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Nous avons parcouru un total de 207 miles nautiques (équivalent à plus ou moins 383 km) avec une vitesse maximale de 8 nœuds qui nous donnaient l’impression de voler même si la majorité du temps nous étions plutôt à 5 nœuds.

Le moment le plus magique pour Luce a été au petit matin, alors que la mer était lisse et reflétait le rose du soleil levant, la vue au loin de la petite tête d’une tortue qui venait respirer à la surface. Puis quand le bateau s’est mis en marche, les poissons volants qui sautaient hors de l’eau devant le bateau pour plonger plusieurs mètres plus loin.

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Pour Syl, son moment fort, c’est lorsque Luce et Humberto ont fait la sieste sur le pont pendant qu’elle était seule à la barre, face à la mer.

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Dans les deux cas, paisible et envoutant !

Fidji en mode touriste

Nous avons finalement débarqué à Suva et avons rejoint en bus Nadi puis le port de Denerau où nous avons eu l’expérience « touriste » (qui nous a moyennent plu). Nous avons pris un ferry (bien neuf celui-là) pour rejoindre les Yasawa islands, une série d’îles paradisiaques au nord de Nadi, qui regorgent de resorts en tout genre.

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Nous avons choisi le Barefoot Manta resort car il y était proposé de la plongée et qu’on avait bien envie d’en faire ici après avoir vu en snorkeling les fonds et récifs incroyables des Fidjis.

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L’endroit était sensationnel mais la plongée s’est avérée être notre pire expérience jusqu’à présent. Le matériel, le détendeur de Luce en particulier, n’était pas top. De l’eau entrait dans son détendeur et elle a dû remonter à la surface car elle suffoquait et commençait évidemment à paniquer. Heureusement, elle a pu le changer et redescendre, mais à ce moment, c’est Syl, qui avait commencé avec une bombonne moins remplie (seulement 180 bars) et qui était en léger stress sans comprendre ce qu’il s’était passé avec Luce, qui a dû remonter car sa bombonne était presque vide (le stress, ça pompe !). Ajoutez à ça une visibilité médiocre, et voilà le résultat. Nous avons malgré tout eu la chance de pouvoir replonger proches du resort avec le dive manager (et ses plus plates excuses) qui nous a montré la ferme de coraux qu’il entretient, pour nous offrir une bien meilleure expérience.

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Vous l’aurez compris, nous avons passé un séjour de rêve, dans une destination de rêve et avons vraiment apprécié de pouvoir rencontrer les locaux de façon plus authentique qu’en mode touriste. Les Fidjiens sont d’ailleurs très gentils, accueillants et aidants (quand vous cherchez un bus par exemple…) et cela a été pour nous une très belle découverte.

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