De Pucon à Coyhaique
Après nos petites « vacances » à Pucon, nous reprenons la route en mettant le cap au sud. Première étape à Puerto Montt, ville déprimante dont le seul attrait est d’être la ville de départ du ferry en direction de Chaiten.

En effet, notre optique est de redescendre (à nouveau !) la carretera austral mais cette fois, d’aller plus au sud, tout en nous arrêtant sur la route pour voir ce que nous n’avons pas eu l’occasion de voir la première fois. C’est pourquoi nous passons d’abord nos premiers jours à Chaiten à la descente du ferry. Encore un volcan (actif) à notre actif ! L’ascension est cette fois plus à la portée de tous, malgré que ça monte sévère !

On ne prend « que » 600 mètres de dénivelé, que nous faisons au pas de course. Par un concours de circonstances, nous ne commençons que vers 17h40 alors que la petite rando prend en théorie 3h et que le soleil se couche vers 20h30. Cela nous permet par contre d’avoir des conditions de montée supportables et surtout un très joli coucher de soleil. Le point de vue en haut n’entre surement pas dans notre top 10 mais les deux « chapeaux » de cendre sont malgré tout impressionnants.

Comme nous avons encore du temps avant le bus bi-hebdomadaire qui nous mènera plus au sud, nous en profitons pour découvrir d’autres richesses de la région, qui fait partie du parc Pumalin. Le transport étant assez compliqué, particulièrement le week-end, nous optons finalement pour une excursion avec le « vieux de Chaitur ». Cela nous permet d’aller visiter une magnifique forêt d’Alerces, arbres millénaires locaux, et les « cascadas escondidas », très jolies.

Nous prenons ensuite le bus, qui dure environ 10h, pour rejoindre Coyhaique. Il y a des airs de déjà vu, puisque nous y sommes déjà passés avec les parents de Syl (nous allons d’ailleurs nous remanger une pizza chez Mama Gaucho !). On ne passe finalement qu’une journée et deux nuits dans la plus grande ville de la région, le temps pour nous de nous préparer et de faire des provisions pour… le trek du Cerro Castillo !!! Enfin ! Nous en profitons également pour laisser une partie de nos affaires trop lourdes dans notre hostel.
« LE » Cerro Castillo
Le premier jour du trek commence par un aller en bus (kitchissime, avec des lumières et rideaux mauves et roses… lovely !), qui nous emmène de Coyhaique à Las Horquetas, d’où commence le trek. Petite visite d’usage chez les guardaparques où nous payons les 29.000 $ d’entrée au parc, qui couvrent aussi l’utilisation des campings. Et c’est parti !!! La première journée est assez light, avec 15,4 kilomètres mais surtout peu de dénivelé. Par contre, il y a pas mal de passages de rivières, dont certains où nous devons sortir les tongs et passer à pieds nus dans l’eau gelée. On sent qu’on vit, mais ça fait du bien aux pieds !

On arrive au campement du Rio Turbio, situé dans un décor assez spectaculaire au niveau de la confluence de 2 rivières, mais qui est évidemment très spartiate. Emplacements assez plats, abrités du vent et … une toilette sèche. Comme nous sommes des filles, nous prenons d’abord une heure pour nous laver tant bien que mal et nous changer. Il commence déjà à faire frais malgré qu’il soit encore tôt. Nous testons aussi pour la première fois nos lentilles… qui ne sont pas des lentilles ! Ça reste d’ailleurs indéterminé à ce jour.

Au programme du deuxième jour, un premier « paso », passage de montagne, et c’est là que cela devient compliqué… Suivre le sentier, qui était jusque-là assez clair et maintenu, se transforme en se frayer un chemin dans un éboulement, avec occasionnellement des signes jaunes ou rouges qui nous permettent de maintenir le bon cap.

Nos gros sacs à dos n’aident en rien à notre équilibre déjà parfois problématique sur ce genre de terrain. Nous arrivons au sommet du col et là, surprise… de la neige ! Nous finissons par redescendre de l’autre côté, par un tracé sinueux et assez abrupt, qui glisse en plus, pour enfin retrouver un sentier plus ou moins convenable. Il nous mène jusqu’au second camping, logé dans les bois (et qui porte bien son nom : « El Bosque »).

Mais, comme il est encore tôt, après avoir monté la tente et déposé nos sacs, nous optons pour une extension d’aventure, qui nous mène voir une lagune entourée de glaciers. Là, il n’y a juste ni sentier ni balises, uniquement les piles de cailloux laissés ça et là par des personnes bienveillantes. On a compris ce jour-là l’utilité de ces pillasses. On profite de la fin d’après-midi au soleil en écoutant les glaciers gronder et craquer au bord de la lagune remplie d’icebergs.

Jour 3, nous allons enfin jusqu’au fameux Cerro Castillo et sa lagune. Nous partons de bonne heure pour essayer d’avoir le lever du soleil, ce qui nous permet d’observer de très belles lumières qui illuminent les tourelles dudit château.

Nous avons décidé de prendre notre petit déjeuner face à la lagune pour en profiter un peu plus longtemps. C’était sans compter sur le fait que 1) nous nous sommes trompées de sentier et avons dû grimper dans la caillasse, menaçant de se décrocher à chaque instant et nous ayant offert de belles frayeurs et que 2) même en ayant pris le bon chemin, cela nous aurait pris assez longtemps avant d’arriver à un point de vue avec un peu de recul. Bref, notre petit déjeuner sera pris sur le tard ! Mais lors de notre ascension, nous pouvons voir le changement de couleur de l’eau de la lagune avec l’arrivée du soleil, c’est magnifique.

Après avoir profité de ces vues (et avoir déjeuné), nous repartons assez vite pour la suite de l’aventure. Cela passe d’abord par l’ascension du Cerro Morro Negro, qui nous donne des vues sur le Cerro Castillo mais également sur toute la vallée et la rivière, et on peut même apercevoir de loin le lac General Carrera. Par chance, il fait magnifique et il n’y a pas un pet de vent.
Par contre, on a loupé le dernier point de ravitaillement en eau (proche de la lagune) et nous nous retrouvons à monter et puis descendre sans avoir suffisamment d’eau. Impossible également de préparer notre repas de midi, il va falloir attendre. La montée du Morro Negro se fait sans encombre, mais c’est la descente qui nous aura achevées. Luce tombe d’ailleurs deux fois. Entre la fatigue, le poids des sacs et ce terrain très compliqué de rochers traitres et cailloux glissants, cette partie est la pire du trek pour nous. Les vues sont néanmoins toujours exceptionnelles.

C’est avec soulagement que nous voyons réapparaitre l’herbe et la végétation. Nous avons également la grande chance de voir un des rares Huemuls peu craintif qui mange pépère pendant une de nos pauses bien méritées.

Et c’est avec un soulagement encore plus grand que nous arrivons au camping. On a eu notre compte pour la journée, alors que certains de nos compagnons de trek ont enchainé avec 6 à 8h de marche pour aller voir la laguna Duff. Tant pis pour nous, nous ne la verrons pas car les conditions climatiques du lendemain (et nos corps fatigués) ne nous permettront pas d’ajouter ce chemin supplémentaire à l’aventure.

C’est d’ailleurs juste avant l’arrivée de la pluie que nous remballons nos affaires au matin de ce dernier jour. Encore 4 kilomètres de descente et 6 kilomètres de route déserte sans possibilité de faire du stop et nous voilà arrivées à Villa Cerro Castillo. La chance nous accompagne, parce que le bus nous y attend déjà et part 5 minutes après notre arrivée pour nous ramener à Coyhaique où nous récupérons toutes nos affaires et passons une bonne nuit de sommeil après 3 nuits sans dormir.
Nous sommes très heureuses d’avoir eu l’occasion de faire ce trek, de plus dans ces conditions parfaites, avec peu de vent, un grand soleil et des nuits pas encore trop froides (avec nos bons sacs de couchage et nos mille couches). Cependant, il s’agit d’un circuit compliqué d’un point de vue du terrain et qui demande pas mal d’équilibre et de bonnes chaussures (les semelles de Luce usées par la NZ étaient peut-être trop lisses…). Nous sommes assez fières de l’avoir fait, surtout en considérant nos nuits sans sommeil (matelas pourri ?).
Descente à Caleta Tortel

Après un jour de repos, bien mérité mais trop court, nous reprenons le bus pour aller plus au sud encore, à Puerto Bertrand. La bourgade est située sur les bords du lago Bertrand et du Rio Baker, la rivière la plus tumultueuse du Chili qui est à cet endroit-là d’un bleu azur.

C’est pour nous l’occasion de nous remettre à l’eau (littéralement) et de faire une petite excursion rafting. Le Rio n’est pas bien méchant mais l’expérience est très sympa, bien que trop courte. Et oui, ça va vite ! De fait, 700.000 m³ d’eau se déversant par seconde, ça fait pas mal de courant !

C’est aussi à Puerto Bertrand que commencent nos aventures de stop.

L’idée est de se rendre au Parc Patagonia, en faisant d’abord un arrêt à la « confluenza », où le Rio Nef se jette dans le Rio Baker et mêle ses eaux grises aux eaux azurs du Baker. Challenge réussi !

Premier stop après 45 minutes d’attente pour aller de Puerto Bertrand à la Confluenza, puis de là jusqu’à la route qui mène au parc (après moins de 10 minutes d’attente) et enfin, de la ruta 7 à l’entrée officielle du parc côté Vale Chacabucco, après plus d’attente et surtout de stress. Fiou, c’était chaud et on n’y croyait plus trop !
Il ne nous reste « plus » que 3 kilomètres avec TOUT notre barda sur le dos pour atteindre le camping. On plante la tente dans ce décor incroyable avec des troupeaux de guanacos qui se baladent en liberté autour de nous.

Nous y faisons la rando de las Lagunas Altas mais le parc regorge d’autres balades. Par contre, mieux vaut être véhiculé, parce qu’elles sont assez compliquées à atteindre. Le stop se fait, mais il y a peu de voitures, surtout en fin de saison. La rando est assez longue mais les paysages sont magnifiques et le sentier est très bien maintenu (on voit bien que la fondation Tomkins est passée par là avant de transférer le parc à la CONAF). Crevées de cette rando, nous décidons d’y passer une seconde nuit et de ne pas essayer de trouver un stop le jour même.
Le lendemain, nous testons le stop à l’arrière d’un pick-up (celui des guardaparques…) pour rejoindre l’entrée du parc et, après pas mal d’attente, nous avons la grande chance de trouver un couple de Chiliens (avec une voiture très confortable) qui nous emmènent jusqu’à Cochrane. C’est là où nous retrouvons Mélanie, une Française rencontrée à Chaiten, avec qui nous devions prendre le ferry jusqu’à Puerto Natales (le Torres del Paine nous attend …ra encore longtemps.).
Vous le savez bien, tout ne s’est pas passé comme prévu. Après le trajet en minibus jusqu’à Caleta Tortel, d’où part normalement le ferry, et une belle journée passée sur place à randonner et profiter des bières et pizzas locales, la nouvelle est tombée à quelques heures du départ de notre ferry. Le village est mis en quarantaine pour 14 jours et tous les passagers du ferry se retrouvent coincés dans ce joli trou perdu.

Caleta Tortel n’est accessible en voiture que depuis 2003 et est constitué uniquement de passerelles en bois, à la place des rues. C’est très joli, surtout les rares jours de soleil, mais ce n’est pas ainsi que nous pensions terminer notre voyage. Nous avons été surprises de la vitesse à laquelle la crise pandémique nous a rattrapées. Nous vous raconterons plus en détail la suite et fin de ce premier voyage avant la « pause technique pandémique ».


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