City-trip à Beijing

Comme la Chine ne faisait pas partie de notre itinéraire initial et que nous ne voulions pas trop décaler le reste du voyage pour lui faire plus de place, nous avons passé seulement quelques jours à Pékin. Quelques jours, ça veut dire 3 jours complets, dont le dernier jour où nous devions prendre l’avion du lendemain 2h, donc être avant minuit à l’aéroport.

Le programme s’est décidé assez rapidement :

  • 1er jour : visite de la Cité Interdite et la place Tian’anmen (à la base on pensait faire un temple en plus, mais on avait sous-estimé ladite Cité !)
  • 2ème jour : excursion à la Grande Muraille
  • 3ème jour : visite du Palais d’Été

Et on voulait aussi caser un resto pour tester le fameux canard laqué pékinois.

On est restées dans une petite guesthouse sympa (Saga Dragon hostel) qui ne se trouve pas trop loin de l’arrêt de métro Denchikou (et pas trop loin de la Cité Interdite).

Cité Interdite

Le système d’achat de tickets a changé il y a quelques années. Il est maintenant recommandé de réserver et acheter son ticket online et à l’avance. Petit détail : le site de booking est en chinois, nécessite un numéro de téléphone chinois et une carte de payement chinoise. Pratique… Les deux autres options sont de passer par une agence de voyage locale (pas facile non plus quand tu t’en rends compte la veille au soir) ou d’aller acheter des tickets sur place (ce que nous a conseillé la réception de la guesthouse). Le risque est alors de ne plus y avoir de place, le nombre maximal de visite par jour étant de 80.000. Il faut préciser aussi qu’en tant que filles qui voyagent à l’arrache, on ne s’est pas renseignées sur des potentiels congés chinois, et que du coup, nos trois jours sur place correspondent aux trois jours de la fête de la mi-automne, le moon festival (durant lequel on mange des mooncakes) et que donc toute la Chine est en congé les 3 jours. On s’arrange donc pour arriver (presque) à l’heure d’ouverture de la Cité Interdite pour être sûres d’avoir des tickets. C’est en fait très facile, pas de file aux guichets. Le ticket est lié au numéro de passeport, c’est donc normal de sortir sans ticket !

Par contre, dans notre précipitation (et sans doute notre non-préparation), on n’avait pas prévu que la visite durerait si longtemps, et on n’est parties sans nourriture, hormis un solide petit déjeuner (crêpe salée aux onions jeunes trouvée sur le bord de la route : très bonne surprise !).

On passe d’abord un contrôle de sécurité (ce ne sera certainement pas le dernier), puis nous traversons la porte monumentale pour pénétrer dans l’enceinte de la Cité.

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 C’est effectivement très impressionnant, tant concernant la taille de l’endroit, que concernant la masse de gens et de groupes déjà entrés. Ça grouille de Chinois !

Après avoir avancé un peu, on se rend compte qu’une partie des bâtiments et des espaces sont bloqués par des policiers, ce qui n’était pas très pratique car notre audio-guide à déclenchement automatique ne se déclenchait du coup pas… On ne sait pas non plus très bien pourquoi les bâtiments étaient fermés. On avait lu avant qu’il y avait des travaux de rénovation jusqu’en 2020, mais les endroits fermés n’avaient pas l’air d’être en travaux. On s’est posé la question de savoir s’il y avait une visite officielle de prévue.

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Finalement, vers 10 heures, les espaces ont été progressivement ré-ouverts. On suppose donc que c’était une manière de réguler la foule, mais très mal gérée dans ce cas (on s’est notamment retrouvées coincées dans une marée humaine pour passer dans une seule porte de 3 mètres de large, poussées de partout et écrasées… Ces Chinois sont un peu timbrés quand même !).

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On ne pensait pas pouvoir voir toute une grande partie de la cité, ce qui aurait été vraiment frustrant. Finalement, à part quelques palais effectivement en travaux, on a pu presque tout voir, même si du coup on a dû faire des allers-retours.

La cité est en fait une sorte de ville à l’intérieur de la ville, constituée d’un dédale de petites ruelles, de palais et de jardins.

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Il faut dire que l’empereur et les nobles du plus haut rang, ne pouvaient en réalité pas en sortir. Il fallait bien assez d’espace pour oublier les murs de la prison dorée.

Un dernier point, les Chinois sont les rois pour faire payer des suppléments. On a payé l’entrée, mais ça ne couvre pas tout… Notamment pas le hall des montres et horloges, ni la galerie des trésors impériaux. Autant dire qu’une visite coûte donc beaucoup plus cher que le prix seul de l’entrée.

On est passées par le hall des horloges. Ces dernières sont vraiment incroyables, en or ou en plaquée or, avec des mécanismes audacieux, mais sont très mal mises en valeur, mauvais éclairage, beaucoup de poussières dans les vitrines, et surtout, traces de main partout sur les vitres au point qu’il est difficile de voir à travers.

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Vitrine la mieux éclairée du hall

Vu cette expérience, et puisqu’on était affamées, on n’est pas passées par la galerie des trésors impériaux, et on est sortie de la cité vers 15 heures. On peut donc facilement prévoir d’y rester la journée entière, en emportant un pic-nic, ou même en mangeant sur place.

Après un petit repas dans une petite gargote, direction Place Tian’Anmen. De nouveau, contrôle de l’identité et des sacs avant de pouvoir pénétrer dans l’espace autorisé de la place. Des policiers bloquent tous les autres accès, donc on ne peut pas se tromper !

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La place en tant que telle est très imposante. Elle est entourée du musée national de Chine et du Palais de l’Assemblée du peuple. Le monument aux héros du peuple se dresse en son centre et le mausolée de Mao au sud. On n’a pas pu visiter ce dernier où, il semblerait qu’il y a toujours sa dépouille en décomposition dans un sarcophage de verre. Évidemment pour nous, ce gars reste un tyran et cette place, un lieu à l’histoire sanglante où est morte tout espoir de démocratie en Chine.

La grande muraille de Chine

Il y a plusieurs sections de la grande muraille qui ont été reconstruites au fil du temps. Il faut dire que le mur fait 6000 km de long et que sa dernière réelle rénovation date du 15ème siècle. Il y a donc plusieurs sections visitables et nous avons choisi d’aller à Mutianyu, parce qu’elle est réputée un peu moins touristique. On aurait pu y aller avec des transports en commun, mais c’était assez compliqué, on aurait dû prendre plusieurs bus, et pour éviter de louper le dernier, on aurait dû partir assez tôt. En plus, on était dimanche pendant une fête locale, et on ne savait pas si les horaires de bus étaient différents à ce moment-là. Du coup, on a fait nos touristes et on a choisi de partir avec une excursion (on partage un car avec une grosse vingtaine de personnes).

Une option qu’on n’a pas vraiment envisagée, c’est la location de voiture… On n’a pas vérifié si le prix était attractif, mais ce serait une bonne solution pour visiter la grande muraille et y rester le temps qu’on veut, sans stress pour le retour. A investiguer !

On est parti de Pékin vers 7h30 pour arriver avant la masse de touristes et surtout de Chinois en vacances. On arrive vers 8h45. Là, divers choix s’offrent à nous : on peut soit grimper à pied, soit prendre les œufs, soit le télésiège. On opte pour les œufs pour monter et le toboggan pour descendre. En effet, le problème d’être partis avec une excursion est qu’on n’a que 3h de prévues sur place, et sachant qu’il y a vraiment énormément de marches, pour aller jusqu’à la muraille et aussi surtout sur la muraille elle-même, on a choisi l’option qui nous permettait de monter le plus vite possible. Et le toboggan, c’est la 2ème raison pour laquelle on a choisi Mutianyu. La luge, Luce, … vous savez !

Donc on se retrouve près de la tour 14 et, suivant les conseils du guide du bus, on grimpe le plus rapidement possible vers le point le plus haut (de la zone touriste admis : la tour 20). C’est déjà une montée assez difficile, les marches sont parfois très serrées et pentues. Luce doit combattre son vertige ! Mais la vue est plus magnifique encore à chaque marche montée. On a une vue superbe sur la muraille elle-même en contre-bas et aussi vers le haut ; sur les montagnes environnantes et les paysages ; et sur les autres parties non rénovées de la muraille et les tours de garde. Juste wouaw !

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La montée se fait sans trop de foule et on est reconnaissantes envers le guide de nous avoir conseillé de speeder. Ça nous permet de faire quelques photos sans trop de visages inconnus et de profiter mieux de l’ascension et des paysages.

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Arrivées à la tour 20, comme il n’y a pas de garde, on suit encore les conseils du guide et on la dépasse en continuant dans la zone non-touristes, en suivant les gens qui y sont déjà. On monte jusqu’à la tour 21, où on s’arrête parce qu’on doit redescendre jusqu’à la tour 6 pour le toboggan où on risque de devoir attendre un peu.

La descente est moins fatigante, mais plus stressante pour Luce, avec les petites marches raides et le dénivelé vers le bas (le mur s’approche parfois des 45° par rapport à l’horizon). En plus, le chemin est compliqué par la foule grandissante (puisque plus on descend, plus le chemin est facile) qui essaye de faire des selfies et donc qui s’arrête au milieu du mur à tout va !

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On arrive malgré tout à atteindre le départ de la luge dans le timing qu’on avait prévu et il y a moins de file que craint, on est donc tout à fait dans les temps. La luge est très sympa, mais il faut bien gérer la distance avec les gens précédents pour pouvoir accélérer un peu. Ça coûte assez cher, mais on a trouvé que ça en valait la peine.

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On est très satisfaite de notre gestion de la visite : arrivée matinale, œufs pour monter plus vite, speed-grimpette sur le mur vers le plus haut point pour éviter la foule, descente rapide sur le mur en mode « évite ton Chinois » et descente finale en luge.

L’excursion comprenait aussi le lunch, qui n’était pas mal, et le retour vers Pékin (vers 16h). Comme on était crevées, on n’a rien fait d’autre, à part trouver un resto de canard sympa.

Le resto de canard (partie 1)

Après quelques recherches (sur google via notre bienaimé VPN, bienvenue en Chine), on repère un resto qui a de bons commentaires et qui est assez proche de notre guesthouse : le siji minfu. On part vers 18h de la guesthouse, en se disant qu’il est tôt et qu’on ne devra pas trop attendre pour avoir une table.

Arrivées là-bas, c’est la surprise… Il y a plein de gens qui attendent dehors sur des petits tabourets. On entre pour voir et on prend un ticket. La dame nous annonce au minimum 2h30 d’attente, bam ! Ça veut dire ne pas commander avant 21h au mieux… Non, ça ne va pas le faire ! Une dame qui attend aussi nous explique qu’avec la fête du mooncake, c’est normal, tout le monde vient fêter.

Du coup, on se rabat sur un autre resto, en se disant qu’on repassera le lendemain à une heure moins bondée !

Palais d’été

Pour le dernier jour, on s’est décidées pour un programme light pour être rentrées tôt et pouvoir faire nos sacs et se reposer un peu avant de reprendre l’avion. En plus, vu l’aventure du resto d’hier, on devait caser le resto de canard à une heure non-conventionnelle en plus.

On est parties un peu tard de la guesthouse, direction le métro pour aller au Palais d’été. Il se situe assez loin, au nord-ouest de la Cité Interdite et on a mis 1 bonne heure pour y arriver. On a cette fois pris avec nous de quoi faire un early pic-nic (on n’a pas vraiment déjeuné et on espère caser un resto vers 16-17h).

On arrive sur place et on se rend compte qu’on a seulement assez d’argent pour acheter le billet d’entrée (et pas le billet complet avec les extras), qu’ils ne prennent pas de carte bancaire (ils ont une app de paiement spécifique chinoise) et qu’il n’y a pas d’ATM dans les environs… Damned !

Du coup, vu qu’il est déjà tard, on décide d’entrer avec le ticket basique et qu’on verrait bien sur place… C’était peut-être pas l’idée du siècle !

Le Palais d’été, c’est une sorte d’énorme parc, avec des bâtiments disséminés un peu partout sur une colline qui surplombe le lac Kunming. On commence par grimper tout en haut de la colline pour avoir une vue sur le lac. Il est immense ! Et dire qu’on est toujours à Pékin ! Les empereurs (et impératrices) chinois avaient vraiment l’art de voir les choses en grand.

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On redescend par le Palais dont les bâtiments sont sur plusieurs niveaux. Les décorations sont assez similaires à celles de la Cité Interdite, et toutes aussi jolies.

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C’est typiquement à nouveau un endroit où l’on pourrait passer la journée entière. C’est très vert et bucolique. On sillonne des petits sentiers boisés entre les bâtiments.

On rejoint finalement l’eau, où on paie de nos derniers deniers une entrée pour la Suzhou street, une petite rue bordée de magasins le long de l’eau où l’on ne peut marcher que dans un sens. L’ambiance y est très calme, de vieux chinois jouent des instruments divers, c’est assez agréable !

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On contourne ensuite la colline le longeant le bord du lac. C’est plus bondé par ici, mais on comprend bien que les Chinois souhaitent profiter de ce parc en famille en ce jour de fête.

Malheureusement pour nous, on ne pourra accéder au palais des nuages ordonnés qui avait l’air vraiment très joli, et on ne pourra pas non plus faire un tour en bateau sur le lac d’où la vue sur le Palais eut été très belle… A retenir, prévoyez du cash si vous y allez !

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De toute façon, pour nous, il commence à faire tard et nous devons repartir pour souper (oui, à 16 heures de l’après-midi) et faire nos sacs.

Le resto de canard (partie 2)

On arrive au Siji Minfu vers 16h30. Il y a quelques personnes qui attendent, mais on se dit que s’il y a 2 heures d’attente, on ira faire nos sacs. Mais ce n’est pas le cas. 20 minutes d’attente seulement ! On s’installe donc sur des tabourets et on attend. Bon, finalement, on aura plutôt attendu 40 minutes, mais ça en valait très clairement la peine. Le canard est découpé devant nous, et était juste crapuleux ! En particulier le gras, croquant et fondant, surtout trempé dans du sucre et la chair, juteuse et savoureuse. On accompagne le tout de crêpes, condiments et soupe des os dudit canard.

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Un vrai délice !!! Mais après toute cette viande, on va se faire végétariennes pour quelques temps! 😉

Cela conclut donc notre expérience pékinoise. Dans l’ensemble, belles visites et bonne nourriture, mais on ne regrettera pas les comportements des Chinois (très bruyants, qui poussent, bousculent, crachent, etc.) vraiment très différents des nôtres.

4 réflexions sur “City-trip à Beijing

  1. Merci les filles pour ce reportage extra. Vous avez pris le temps d’expliquer pas à pas. Ce qui me fzit rire ce sont vos conseils. Pensez-vous vraiment que nous allons suivre vos traces en évitant les écueils que vous rencontrez??
    Bise et bonne suite

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  2. Coucou les filles 🙂 merci de nous faire partager vos aventures!
    C’est quoi  » les oeufs »? ^^ peut être pas bien lu. Il est 5h du mat’ ici 😉
    Bonne continuation. Bisous profitez à fond

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