Entre roadtrips et activités touristiques – notre visite du nord de la Thaïlande

Chiang Rai

Notre première étape nord-thaï a été Chiang Rai. Située à quelques dizaines de kilomètres seulement de la ville frontière de Chiang Kong, cette petite ville paisible de province est souvent le point de départ des visites du fameux triangle d’or.

La ville en elle-même n’a pas particulièrement d’intérêt, si ce n’est quelques temples et la fameuse place de l’horloge (ultra rococo, dorée, et juste… pas très belle en fait !). Mais dans les environs, il y a pas mal de choses à voir. A une septantaine de kilomètres au nord, il y a notamment 2 musées sur l’opium (le nouveau et l’ancien), un « point de vue » sur la pointe du triangle d’or, et un grand Bouddha doré. Dans les environs directs de la ville, il y a le temple blanc et la maison noire, créés par 2 artistes légèrement barrés.

Nous avons décidé de louer une moto ce jour-là et d’aller voir le « Hall of Opium », le nouveau musée, et le temple blanc. Eh oui, nous revoilà en mode road trip !

La route est cependant dans un tout autre état qu’au Laos ! C’est quasi une autoroute (highway), lisse comme un popotin de bébé, mais qui n’a aucun charme. Au moins, on avance bien.

Le « Hall of Opium » était recommandé par le guide du routard parce qu’il retrace l’histoire sanglante de l’opium et de son impact sur le commerce et surtout, la santé de millions de Chinois. Le musée est très interactif, le design des décors et des salles a été manifestement bien réfléchi. Il commence par revenir sur l’histoire du commerce en général dans la région, et en particulier, celui des colonies britanniques. C’est en effet à partir de l’Inde que la Chine a été inondée d’opium. Quand le gouvernement chinois a voulu se rebeller contre l’asservissement de son peuple à cette terrible drogue, des guerres ont éclaté… qui ont abouti à des victoires pour les colons. Mais c’est surtout pendant la guerre du Vietnam, bien plus tard, que la Thaïlande s’est vraiment mise à la culture du pavot, pour rencontrer les besoins américains. Avant ça, les ethnies du nord cultivaient l’opium, mais surtout à des fins médicales, et en étant conscients des risques induits (il fallait être soit gravement malade, soit sérieusement vieux, et avoir déjà un fils qui s’occupait de la famille pour pouvoir fumer).

L’usage et la culture de la drogue en Thaïlande sont complètement interdits depuis quelques dizaines d’années. Une politique royale a en effet été mise en place pour promouvoir des cultures alternatives et répertorier les personnes toxicomanes. Cette politique a porté ses fruits et la Thaïlande est presque opium-free. Notons que ce n’est pas le cas de la Birmanie ni du Laos.

On a quand même été fort frappées (et dégoutées, il faut bien le dire) par le rôle des pays colonisateurs, particulièrement la Grande-Bretagne, dans l’anéantissement économique de la Chine, ce qui a contribué grandement à sa révolution. L’Europe a tant à se blâmer dans ses politiques étrangères…

Après 2 bonnes heures dans le musée, on remet le cap vers Chiang Rai, et le temple blanc. On passe d’abord par une petite route plus jolie et moins « highway », ce qui est agréable ! On voit quand même bien la différence de niveau de vie avec le Laos. Les gens ont de belles grandes maisons et beaucoup roulent en voiture (il y a du coup beaucoup moins de motos). Les outils agricoles sont aussi beaucoup plus développés (débroussailleuses pour couper le riz, moissonneuses-batteuses, tracteurs, etc.). D’ailleurs il y a beaucoup plus de surface cultivée et les forêts ont l’air moins sauvages et impénétrables. Par contre, on peut toujours trouver des soupes de nouilles pour presque rien !

Le temple blanc est une œuvre assez récente d’un artiste thaï en l’honneur du roi (le précédent). Comme son nom l’indique, il est entièrement blanc, avec des miroirs qui reflètent le soleil… autant dire que c’est assez éblouissant (au propre comme au figuré) ! Par contre, certains détails sont assez perturbants… L’entrée passe par un pont par-dessus une mer de mains tendues vers le ciel, décharnées, robotisées, portant un crâne, etc. On passe ensuite entre deux gargouilles (on dirait deux Gollum avec des seins distordus) pour pénétrer à l’intérieur, qui est entièrement peint avec des fresques très belles, mais dont le mur de l’entrée, censé représenter les vices de ce monde était tout aussi bizarre, avec des représentations de pikachu, hello kitty, dark vador, matrix, superman, spiderman, batman, les tours jumelles, Harry Potter, Jack Sparrow, etc. Etrange mais fun !

IMG_2378

On n’aura pas le temps de faire plus dans la région de Chiang Rai, parce qu’on prend le bus le soir même pour Chiang Mai, mais il y a encore pas mal d’autres choses à y voir.

Chiang Mai

Notre première impression de Chiang Mai est qu’il n’y a que des blancs par ici ! On a d’ailleurs commencé à re-mixer la chanson de Sttellla Torremolinos… « Il y a une ville, dans le nord de la Thaïlande où il y a plus d’étrangers que de Thaï … » (vous aurez peut-être la chance d’avoir la version complète un peu plus tard !). On a aussi l’impression que la saison touristique bat déjà son plein, on a d’ailleurs du mal à trouver une chambre à un prix correct.

Chiang Mai possède quelques jolis temples à l’intérieur de sa vieille ville, ainsi que pas mal d’autres « attractions » dans les environs. Il est possible d’ici d’aller voir un « sanctuaire » pour éléphants, faire des cours de cuisine, de la tyrolienne dans les arbres, du rafting, etc. On s’est contentées de prendre une après-midi pour aller voir les quelques temples principaux du vieux centre-ville.

IMG_2476

Dans l’un d’entre eux, on a eu la chance de tomber sur une fête qu’on a interprété comme une ordination de moines (sans certitude !).

IMG_2449

Paï

Nous nous sommes assez rapidement dirigées vers la petite ville de Paï, qui est plus au nord, et pour laquelle il faut prendre une route de montagne (assez terrible pour le ventre de Luce…). Si on trouvait Chiang Mai bourrée de touristes, Paï est presque pire ! Une ville où on a eu du mal à trouver de la nourriture thaï… Burgers, pizzas, spaghettis, c’est le paradis de la western malbouffe. Et du coup, trouver une chambre à un prix correct est aussi une galère. Par contre, la location de moto ne coûte quasi rien, et on se lance donc dans un petit roadtrip, qui devait à la base durer deux jours et nous permettre de faire une boucle entre Soppong et Mae Lanna, deux villages « trous perdus » du nord, et de voir la grotte de Tham Lod. On verra la grotte, qui n’est pas mal malgré l’odeur prenante de guano de chauve-souris et dans laquelle on doit prendre des radeaux en bambou pour rejoindre les différentes « salles ». Les guides sont toutes des femmes, qui nous pointent des rochers en utilisant les 10 mots d’anglais qu’elles connaissent (« mind your head », « crocodile », « frog », etc.) à la lumière de leur lampe à pétrole. Marrant !

DSCN2975

Par contre, on n’aura pas vu ce jour-là le reste de la boucle. Luce ne sent pas bien et nous sommes forcées de prendre un peu de repos sur Paï. Mais on trouve là un bon contact pour organiser un trek dans la région et loger dans un village karen.

C’est donc 2 jours plus tard qu’on part de chez Pencave pour une après-midi, une nuit et une matinée en compagnie de Jaka, notre guide natif du village. La balade est sympa, assez difficile avec la chaleur et le dénivelé, mais nous offre de très beaux paysages.

IMG_2567

L’arrivée dans le village avec un soleil descendant, au milieu des rizières, est vraiment très belle. On a l’impression de pénétrer dans un endroit reculé, coupé du monde, et presque 100% autonome. En réalité, l’école du village est équipée d’ordinateurs et d’écrans en complément du tableau ; il y a une antenne pour le réseau gsm ; et il y a pas mal d’échanges commerciaux avec l’extérieur, mais le village est autonome en termes de nourriture.

IMG_2615

On est logées chez notre guide qui nous emmène dans le champ/potager partagé du village pour aller chercher un potiron, des haricots et diverses herbes pour le repas du soir, qu’on préparera ensemble. Après le délicieux souper pris en famille, on a également eu la chance d’aller partager le thé (et les noix de dessert !) avec des voisins. Ils ne parlent pas l’anglais, mais Jaka traduit parfois et de façon générale, ce n’est pas forcément nécessaire. Ce homestay nous permet de vraiment rencontrer la famille et les gens du village, et c’est vraiment intéressant, on en apprend pas mal sur leurs façons de vivre. Leur vie a l’air certes laborieuse mais terriblement paisible. On les envie un peu.

Le lendemain, pour rentrer chez Pencave, on emprunte le chemin de la rivière… En gros, on marche dans la rivière, allant de berge en berge. C’est vraiment une chouette balade, au milieu de la forêt mais avec les pieds au frais ! La fille de Jaka (elle a 4 ans) nous accompagne, et elle est vraiment trop chou.

DSCN3096

De retour chez Pen, on dit « Thaaaa blu » (merci, bonjour, aurevoir en karen) à notre guide et sa fille, parce que l’après-midi sera consacrée à du kayak. Bon… ce n’était peut-être pas la meilleure idée, ou en tout cas on aurait surement dû se renseigner sur la difficulté de la descente. On a tellement l’habitude de faire du kayak sur la Lesse (ou le Mekong au choix), qu’on n’a pas réfléchi. Quand on a reçu les casques, on aurait peut-être dû réagir… 20181111_081829Enfin, on en est sorties vivantes et presque entières, mais avec de sacrés bleus et l’obligation de se poser un peu après ! Le courant de la rivière était très fort avec un niveau d’eau relativement bas, ce qui donnait des rapides avec des rochers affleurants. Le kayak gonflable n’était pas non plus facile à manœuvrer, ce qui nous a conduit à nous retourner plusieurs fois. Cette impression de se retrouver dans une machine à laver, ballottées et sans possibilité de se raccrocher à quoi que ce soit, on n’est pas prêtes de l’oublier. Mais bon, les paysages étaient encore une fois très beaux et sauvages. Pour ceux qui ont l’habitude du kayak, ça doit être une très belle descente. Pour nous, c’était un peu l’enfer…

Malgré nos douleurs, on a quand même profité du lendemain pour terminer la boucle initialement prévue, et on est donc allées à Ban Mae Lanna, par la « route » locale et non-touristique. Les gens qu’on a croisé nous ont regardé avec des yeux ronds. Mais même si la route était difficile, les paysages et la paix en valaient vraiment la peine ! Les petits villages sont jolis, bordés de rizières, rivière et montagnes karstiques. Ça reste nos paysages préférés !

DSCN3177

Dernière expérience avant de rentrer à Chiang Mai, non prévue celle-là… Remorquage de moto et changement de chambre à air ! Après tous ces jours de moto, la crevaison nous guettait… et il fallait qu’elle arrive évidemment dans des routes de montagne, à 9 km du garage le plus proche, alors qu’on était pressées et handicapées par notre aventure de la veille. Heureusement, des locaux nous ont aidé, et même si ce n’était pas gratuit, ils nous ont permis de sauver la journée.

Chiang Mai #2

De retour à Chiang Mai après cette petite escapade, nous avons besoin de repos et en profitons pour suivre un cours de cuisine thaï. Nous avons choisi pour cela la « Bhum Thai Cookery school », recommandée par le routard et plus flexible niveau jours d’ouverture (nous avons été un dimanche). Ce n’était peut-être pas la meilleure car notre « professeur » a été un peu trop rapide. En effet, en seulement 5h (9h à 14h), trajets et visite au marché inclus, nous avons préparé et mangé 5 plats différents. D’autres écoles prennent un peu plus de temps pour un prix équivalent. Cependant, ça reste une bonne façon d’appréhender la cuisine thaï et de pouvoir espérer reproduire ses délicieuses saveurs. En plus, nous avons eu la chance de nous retrouver seulement à 2, et la dame était très sympathique.

20181111_115949

Il faut bien avouer que la transition avec le Laos a été assez compliquée pour nous. Il a fallu se remettre dans une autre forme de tourisme, de type moins baroudeur, ce qui nous a pris quelques jours. Néanmoins, on a su saisir l’opportunité qui se présentait et on a l’impression d’avoir pu vivre une expérience assez authentique dans la famille karen de Jaka. Nos aventures du nord se terminent donc ici et nous amorçons la descente vers le sud en passant par Sukhothai.

Récap’ des infos utiles

  • Bus de Chiang Rai à Chiang Mai (green bus) : 129 bahts (2è classe avec AC)
  • Tuk-tuk de la gare des bus de Chiang Mai à la vieille ville : négocié à 100 bahts pour 3 personnes (pas un songthaew)
  • Julie’s guesthouse (à Chiang Mai) : 100 bahts pour un lit en dortoir, à partir de 240 bahts pour une double sans sdb privative, 450 avec sdb privative
  • Temples : Wat Chedi Luang : 40 bahts / Wat Phan Tao : gratuit / Wat Phra Singh : normalement 20 bahts (mais c’était la fête, on n’a rien payé)
  • Minivan aYa service : 200 bahts pour Chiang Mai – Paï (réservé à la GH avec songthaew jusqu’à la gare compris – normalement c’est 150 au point de départ aYa) / 150 bahts pour Paï – Chiang Mai (et on peut être déposé à la limite de la vieille ville)
  • Pai ModernHouse (à Paï – meilleur rapport qualité/prix) : 300 bahts pour un bungalow à lits jumeaux avec salle de bain + café/thé/bananes/toast compris – Attention! ne pas réserver par booking.com, ils ont tendance à doubler leur tarif!
  • Family Hut (bruyant et pas top clean) : 300 bahts pour un bungalow avec lit double et salle de bain
  • Mai country hut (sympa mais cher et bruyant) : 650 bahts pour un bungalow avec lit double et salle de bain, petit déj’ basique inclus
  • Location de moto (aYa service) : 140 bahts par jour pour une auto 125cc / 100 bahts par jour pour une auto 115cc / pas de semi
  • Tham Lod cave : 450 bahts pour 1 à 3 personnes (1 guide et 1 radeau) pour les 3 salles et le retour (il y a moyen de faire le retour à pied et de payer moins, mais on s’en est rendue compte trop tard)
  • Pencave : 600 bahts pour un grand bungalow avec 2 lits doubles et salle de bain
  • Trek organisé par Pencave avec kayak : 2000 bahts par personne pour 2 demi-jours de trek, 2x lunch, 1x souper, 1 nuit et la descente en kayak (avec tout le matériel)
  • Cours de cuisine (Bhum Thai Cookery School): 1000 bahts par personne

2 réflexions sur “Entre roadtrips et activités touristiques – notre visite du nord de la Thaïlande

  1. Amusant…nous avons été à Paï en 2004 …c’était un trou perdu où nous avons mangé de succulent plats Thaï …. A 8 h 30 plus un chat ….. et pour retourner à l’hotel situé dans les environs …nous avons du compter sur la gentillesse du la seule voiture qui circulait encore .
    C’est là que nous avons rencontré les gens les plus aimables que je connaisse..
    Bonne suite et plongeons dans sans doute des villes hyper touristiques …

    J’aime

Répondre à Martine misonne carbonnelle Annuler la réponse.