La kiwi expérience

Après presque 3 semaines de silence, voici enfin nos impressions sur le travail dans les kiwis !

Sur base d’un ouï-dire, nous avons débarqué à Te Puke, proche de la ville de Tauranga, dans la Bay of Plenty, un des endroits les plus ensoleillés de NZ. En guise de préparation, nous avons été dévaliser deux « op-shop » (opportunity shop – magasins de seconde main), l’Armée du Salut et la Croix-Rouge, où on a pu se trouver des fringues pas chères pour ne pas abimer nos seuls vêtements. 48$ pour 2 pulls, 3 shorts et 6 t-shirts… ce n’est pas volé !

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Nous avions rendez-vous le 12 janvier à la « maison des Français » avec Michel et Sam, des superviseurs français qui gèrent les équipes de travailleurs saisonniers. Arrivées la veille au soir de notre premier jour de travail, surprise ! contrairement à ce qu’ils nous avaient dit la veille, il n’y a plus de travail à Te Puke et on est renvoyées vers Opotiki, qui est à 90km de là… En van, ça ne se fait pas en une heure ! On n’est pas les seules dans la situation et on convoie donc avec nous Laura, qui avait déjà dû se débrouiller pour arriver en bus à Te Puke.

Après 1h30 de trajet, il est 20 heures quand on arrive, et on a théoriquement rendez-vous avec un Indien, Gopi, qui sera notre superviseur. Le gars ne répondant pas au téléphone, nous allons directement chez lui et nous y rencontrons Inder. Il nous emmène à notre logement (parking avec douches, toilettes et cuisine pour nous et chambre pour Laura) et nous annonce la très bonne nouvelle que nous commençons le lendemain matin à 6h30… Whaaaat ??! On nous avait parlé de commencer à 8h, mais 6h30… c’est quand même super tôt !

Le lendemain matin, nous avons donc droit à notre premier lever de soleil, avant de comprendre qu’en fait, on travaille à une heure de route, ce qui explique l’heure de départ.

A peine entrées dans la voiture, c’est le stress… Inder, qui sera donc notre superviseur, conduit comme un barbare ! La route qui nous mène aux champs est le long de la côte, sinueuse, parfois à pic des falaises, et il roule à un minimum de 80 km/h, tout en étant plus souvent à du 120, avec des pointes à du 160, et 4 pneus aussi lisses qu’un fessier de nourrisson ! Rassurant… En plus, on comprend vite que le soir, après une longue journée de travail de 9 heures, il a relativement fort tendance à s’endormir.

Était-ce imprudent, voire complètement irresponsable, de poursuivre notre travail et donc les allers-retours avec Inder ? Sans aucun doute. Et c’est pour cette raison que nous avons attendu d’avoir terminé notre collaboration avec lui avant d’écrire cet article et de pouvoir dire : « nous avons survécu » ! La route qui mène au boulot, cependant, est vraiment très belle et on s’émerveille matin et soir.

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Concernant le travail en lui-même, nous avons fait du « thinning ». C’est-à-dire que nous devions retirer les kiwis invendables (les distordus, les moches, les trop carrés, les trop petits, les pourris et les griffés) et ceux trop rapprochés pour laisser aux autres de l’espace de grandir.

Nous avons principalement travaillé dans les kiwis gold qui sont beaucoup, beaucoup plus fragiles que les verts et donc se griffent beaucoup plus vite. Nous devions porter des gants chirurgicaux, ce qui est aussi plus rassurant quand il s’agit de poigner dans un kiwi pourri, ou de devoir chasser une araignée. Parce que oui, Luce a géré sa peur des araignées de façon exceptionnelle et ne crie maintenant plus lorsqu’elle rencontre les belles araignées locales.

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Les journées sont quand même assez longues parce que, bien que pas très physique, ce travail est vraiment très ennuyeux. Après avoir épuisé tous les sujets de conversation dans notre tête, nous avons opté pour écouter des livres audio. Le retour d’Harry Potter en anglais ! mais en mode éveillé pour Luce cette fois-ci.

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L’ennemi des travailleurs de kiwi (ceux qui veulent travailler), c’est la pluie ! Pas de travail lorsqu’il pleut, car couper des kiwis sous la pluie apporte des maladies qui tuent les pieds de kiwi. Nous en avons fait l’expérience dès notre 2ème jour de travail… vraiment pas de chance ! Du coup, la première semaine s’est passée sans jamais savoir si on devait se lever le matin ou non, nous devions attendre le sms de 6h (quand Inder ne nous oubliait pas…) pour savoir si on devait ou non être prêtes à 6h30, pratique ! Heureusement, les semaines suivantes ont été très ensoleillées et nous n’avons plus eu le problème.

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Après ces longues journées de boulot, qui se sont d’ailleurs parfois prolongées jusqu’à 11h de travail (+ 1h de trajet payée), nous retournions à notre « camping » Motu Trails pour profiter des douches et de la cuisine, mais surtout de la compagnie des autres backpackers et travailleurs saisonniers. Beaucoup de Français, beaucoup d’Allemands, et quelques autres (Québécois, Hollandais, Belges, Chiliens, Japonais, Tahitiens, etc.). On est tous dans la même galère kiwitaire et ça rapproche, même si pour la première fois de notre vie, nous sommes les deux « mamys » ! On est entourées de petits jeunes de 18 à 24 ans en moyenne (avec quelques autres qui s’approchent de notre âge avancé), qui ne savent pas cuire des patates ou qui n’ont jamais utilisé de machine à laver… On finit par se faire appeler, par Mathieu du moins, mamys et puis mamans. Ça fait peur !

On passe quelques soirées sympas, Luce apprend même le beer-pong (il n’y a pas d’âge !), mais on doit bien reconnaitre que nos années guindaille sont passées et qu’on n’a pas forcément envie de dépenser tout notre argent durement acquis dans de l’alcool ! L’ambiance reste vraiment top et relax, ce qui est juste ce qu’il faut après le boulot !

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On profite aussi de quelques « day off » que l’on peut poser n’importe quand, parce qu’en général, après 5 jours de travail on est trop épuisées, pour trainer avec Laura, Mathieu, Dorian, Nicky, Rixt, Vincent, Jacob, Geoffrey, Louis, Marie, Olivia … et parfois aller nager à la rivière les jours de grosse chaleur !

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Après 3 semaines en leur compagnie, c’est un peu avec le cœur gros que nous nous décidons à poursuivre le voyage et à nous trouver des endroits pour aménager notre van. Mais on a bon espoir de pouvoir les recroiser à nouveau ailleurs !

Les kiwis en chiffres :

  • Nombre de levers de soleil : 12
  • Nombre de jours de boulot : 14
  • Nombre de jours de pluie : 2
  • Nombre de jours day off : 2
  • Nombre de jour férié : 1
  • Nombre d’heures payées : 143 heures et 15 minutes
  • Nombre de kiwis jetés : 178.529 (plus ou moins)
  • Nombre de soupirs : 178.529 (plus ou moins)
  • Nombre de livres écoutés : Presque 5
  • Nombre d’araignées rencontrées : 1.225 (au moins)
  • Nombre de guêpes rencontrées : 156 (plus ou moins)
  • Nombre de crasses dans les yeux : 20 fois par jours (au moins !!)
  • Nombre de gants utilisés : 2 paires
  • Nombre de fois qu’Inder s’endort : 3 fois par trajet retour !
  • Nombre de cigarettes fumées par Gigi la gitane : 200 par jour (au moins !)
  • Nombre de bonbons mangés par Syl : 10 par jour
  • Nombre de bières et cidres : 61 à deux (promis, après on arrête pendant un mois)
  • Nombre de pipis accroupie derrière la haie des kiwis : 3 par jour pour Syl, 1 en tout pour Luce

 

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2 réflexions sur “La kiwi expérience

  1. « Engagez-vous, qu’ils disaient… Vous verrez du pays! » Des baisers, les gonzes, ici, c’est la neige et en guise de kiwis bizarres, on gratte les crottins gelés 😉

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