Le Kepler track, notre mont Caradhras
La première étape de notre tour du Fiordland était le Kepler, un des 9 Great Walks de Nouvelle-Zélande. Nous étions toutes excitées à l’idée de pouvoir enfin en faire un en entier, même si on avait réservé les « huts » (refuges) à la dernière minute. En effet, la saison des Great Walks du Fiordland se terminait le 1er mai et ne reprend que début novembre. Arrivées à Te Anau, petite bourgade sympathique qui longe le lac du même nom et qui constitue le point de départ du track, on passe au centre du DOC, où on apprend que le temps ne s’annonce pas des plus agréables. Mais comme c’est réservé, pas le choix, faut y aller ! Il faut savoir que le prix d’une nuit en hut sur les Great Walks du Fiordland (et sur l’Abel Tasman) est de 130$ par personne, ce qui ne donne pas envie de les perdre !
C’est donc chargées de nourriture lyophilisée pour 4 jours ainsi que de sacs de couchage et de vêtements chauds que nous prenons la route le 28 avril au matin tôt. Par chance, il ne pleut pas encore. On se lance en short, parce que c’est ce qui sèchera le plus vite !
Cette première journée est dédiée à de la grimpette avec 750m de dénivelé positif à travers principalement de la forêt. Cette forêt ne ressemble pas à celle de la West coast, car elle est composée principalement d’hêtres mais d’une espèce particulière dont les feuilles tombent et se régénèrent en continu. Elle reste donc verte toute l’année. De plus, les fougères qu’on y trouve sont plus petites que la célèbre silver fern, emblème du pays, et d’un aspect plus plastique.
Quelques centaines de mètres avant la ligne d’arbres qui constitue la fin de la forêt, les arbres se couvrent littéralement de lichens, qui pendent de partout et donnent un aspect magique à la forêt. On imagine à quel point l’air y est pur !

Mais le temps s’est dégradé. Le vent souffle plus fort et la pluie tombe plus dru. Et lorsque nous passons la ligne d’arbres et arrivons dans les paysages alpins, le vent nous offre un traitement anti-cellulite gratuit. Aïe ! Quelle vision de l’horreur : la capuche rabattue sur nos yeux, qui ne nous permet que de voir nos pieds, clapotant dans nos chaussures gorgées d’eau, nos cuisses rouges brulées par le vent et la pluie, et la goute au nez qui se fait emporter par le vent. On parcourt donc très rapidement cette dernière partie à découvert et on se réfugie vite dans la hut, peu après midi. De toute façon, le paysage n’était pas visible, bloqué par une épaisse couche de nuages.

Parlons donc de la « hut »… Nous avions vu sur le site du DOC que celle-ci était chauffée, nous ne nous étions donc pas inquiétées de prendre des sacs de couchage avec une température limite de 10°. Erreur ! La seule partie chauffée, par un feu à bois, est la pièce de vie, ce qui nous a malgré tout permis de faire sécher nos affaires. Par contre, les dortoirs et les toilettes ne profitent en rien de ce feu et nous nous sommes rapidement rendues compte qu’avec nos petits sacs de couchage, nous n’allions probablement pas passer une bonne nuit… Nous occupons la longue attente avant le briefing du soir du ranger en jouant aux cartes, buvant du thé et mangeant notre repas dé-lyophilisé. En effet, il est possible pendant la saison d’utiliser les réchauds présents sur place. Le ranger nous confirme que le lendemain, le vent devrait diminuer et qu’il devrait faire moins mauvais. Bonne nouvelle !
La nuit n’en n’est cependant pas moins rude et quelle n’est pas la bonne surprise de découvrir au petit matin le vent tout aussi violent que la veille apportant de la neige sur les vitres… Nous nous ré-équipons, remballons nos affaires et décidons quand même de tenter le coup. Dès notre sortie, nous nous demandons si nous faisons bien de partir. Le vent est extrêmement fort et en moins de 10 minutes, nous sommes complètement trempées. Malgré tout, on s’acharne ainsi pendant 1h20, chacun de nos pas contre le vent en valant 5 et la neige commençant à s’épaissir.

A partir du moment où, pliées en deux, le vent nous empêche de faire un pas de plus et va même jusqu’à renverser Luce, ajoutant de nouveaux bleus à sa collection, nous décidons de retourner au refuge. En effet, il serait bien trop dangereux de rester sur place pour attendre une accalmie.
De retour à la hut, nous sommes face à une décision : soit y dormir une nuit de plus, et devoir faire les deux derniers jours en un ou dormir dans une hut sans gaz ni feu, soit renoncer au track et reprendre le chemin monté la veille. Nous hésitons assez longtemps, mais sans avoir la certitude que le temps sera plus clément le lendemain, nous optons pour la même solution que les autres randonneurs qui ont fait demi-tour comme nous et retournons à Te Anau. La déception est de taille, surtout que le temps nous nargue avec quelques rayons de soleil…

Le Doubtful sound
Pour notre remettre de cette déception, et pour utiliser à bon escient le remboursement des huts, nous nous offrons une journée de croisière sur le Doubtful sound. Il s’agit en fait d’un fjord relativement fort isolé et qui n’est accessible que par la traversée d’un lac puis une petite heure de bus sur la route en graviers la plus chère du pays ! Mais l’expédition en vaut la peine. La traversée du lac apporte déjà des vues magnifiques (notamment sur les montagnes où on était censées marcher à ce moment-là…), et le fjord en lui-même est superbe.

On voit véritablement la forme des glaciers qui se sont creusés un chemin jusqu’à l’océan. Le temps est légèrement brumeux, ce qui donne une ambiance assez mystique.

Surtout qu’on est seuls, notre petit bateau voguant pendant 3 heures le long des falaises. Nous passons ces heures sur le pont, dans le vent, à contempler ces paysages et à scruter les alentours à la recherche de manchots ou de dauphins. Malheureusement, nous ne verrons que deux albatros !

La Milford road et le Milford sound
Ce ne sera pas le seul « sound » que nous auront parcouru car nous irons aussi voir le Milford sound, bien plus connu et donc couru, qui se trouve tout au bout de la longue Milford road.

Nous nous arrêtons d’ailleurs en chemin pour faire une magnifique randonnée, au départ du Routeburn track (encore un des Great Walks) et qui nous permettra d’admirer les Earland falls ainsi que de grimper au sommet du Key summit.

Arrivées en haut de ce dernier, alors que nous étions parties sous les nuages, le ciel se dégage et nous offre une vue à 360° sur les montagnes du Fiordland. La vue est à couper le souffle ! Ici aussi, le passage de la glace aura créé des paysages grandioses.

Mais ce qui est le plus inattendu et tout à fait extraordinaire, c’est qu’au sommet, nous sommes arrivées dans ce qui ressemblait à un jardin japonais naturel, couvert de mousses, avec des petites mares et des arbres rabougris ressemblant à des bonzaïs.

La région propose également d’autres randonnées de quelques heures à un jour, et nous ferons celle qui mène au lake Marian, que l’on aura aussi aperçu à partir du Key summit.

La balade est plus rude, nous faisant penser de temps en temps au Mont Fox, mais nous récompense avec une belle vue miroir sur le lac et les montagnes enneigées qui l’entournent.

La suite de la route qui mène au Milford passe par le seul tunnel qu’on ait rencontré jusque-là. Heureusement ! Sur ce point, les Néo-Zélandais auraient bien à apprendre des Français ou des Italiens ! 1,2 km sur une bande, dans un tunnel dont les parois sont de roche nue et dont la route est pentue et complètement irrégulière… un petit plaisir ! Mais la vue de l’autre côté est époustouflante.
Nous arrivons finalement au Milford où nous embarquons sur un petit bateau (comme la centaine d’autres personnes sur les 5-6 bateaux qui se trouvent à côté du nôtre) pour arpenter à nouveau un fjord. Les paysages glaciers sont ici encore plus marqués et les falaises sont encore plus à pic.

Pour les amoureux des cascades, c’est l’endroit idéal, et nous nous faisons d’ailleurs rincer deux fois. Par contre, on n’y rencontrera pas de faune locale, à part une otarie solitaire, et cela se comprend vu le balai incessant de bateaux et d’avions.

C’est ainsi que nous avons clôturé nos aventures dans le Fiordland. Certes, nous avons été déçues, mais la beauté des forêts, des fjords, des montagnes et même des plaines a largement compensé. Nous quittons cette région avec des souvenirs plein la tête… et des vitres gelées, car nous y auront connu aussi notre premier gel !

Salut les filles, quelles belles photos.!
La météo vous a joué des tours…. Ce sont les aléas des voyages et vous avez bien rebondi.
Ici non plus c’est pas triste avec des températures qui ne dépassent pas 15 degrés en mai…
Tous mes souhaits pour de bons projets d’hivers là bas…
kiss maternels
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