Vie de van – #VDV

Suite à notre road-trip, nous voulions partager avec vous quelques aspects, positifs ou négatifs, de … la vie de van en Nouvelle-Zélande !

Freedom !

Il va sans dire que vivre en van c’est pouvoir aller où on veut, changer ses plans n’importe quand et dormir dans des endroits incroyables. La Nouvelle-Zélande est connue depuis longtemps pour ses road-trips et a développé un réel tourisme dans ce sens, avec pas mal d’infrastructures. Il existe de nombreux campings, mais aussi des zones de campement du DOC dans des endroits souvent isolés et magnifiques, ainsi que des zones de camping gratuit.

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Mais, si à la période de notre road-trip, on peut encore assez facilement trouver des places libres dans les free-camps, en été il faut parfois arriver à 14h pour pouvoir trouver une place… Ce qui ne rend pas les visites ou randonnées faciles à organiser.

Les zones de camping gratuit sont en règle générale uniquement accessibles aux véhicules « self-contained », on peut donc rarement planter sa tente n’importe où. D’où le fait qu’il est plus facile de voyager en van SC qu’en tente.

Qu’est-ce qu’un véhicule Self-Contained ?
Il s’agit d’un véhicule qui permet une autonomie totale pour une période de 3 jours. Comment ? En ayant un système de gestion des eaux propre et sale (chacune de 24l minimum pour 2 personnes), une toilette de 10l minimum et une poubelle. De plus, l’installation du système de gestion des eaux doit suivre un schéma spécifique (ventilation des bidons, syphon, vidange, …). Le tout fait l’objet d’une certification réglementée et fréquemment contrôlée.

 

Nous avons vraiment veillé, lors de la construction du van, à respecter tous ces aspects. Cependant, ce n’est pas parce qu’on est self-contained qu’on peut camper n’importe où. Les zones sont souvent délimitées et on peut rarement camper dans les villes. Cela rend dans certaines parties du pays la certification inutile parce qu’on doit d’office camper dans des campings payants. On n’a jamais vraiment tenté de dormir dans des endroits « interdits » parce que l’amende est quand même de 200$ par personne.

Par contre, ce n’est pas parce qu’on fait du free-camp qu’on doit forcément utiliser sa toilette portable. En effet, dans la grande majorité des free-camps, il y a des toilettes publiques (comme partout en Nouvelle-Zélande) avec toujours du papier. On a dû tomber sur 2 toilettes sans papier depuis notre arrivée… Il faut dire que vider sa toilette portable n’est pas des plus agréables ! Par contre, si vous êtes prêts à utiliser votre toilette, visez les free-camps sans toilette qui sont souvent plus désertés. Si nous l’avons utilisée, c’est que sortir du van au milieu de la nuit lorsqu’il gèle dehors, c’est vraiment trop désagréable.

Les plus beaux spots où on aura pu dormir ont été des free-camps ou des campings du DOC. Dormir à 3m de l’océan ou d’un lac, avec le bruit des vagues pour s’endormir, au milieu d’une rain-forest, au pied des montagnes, réveillées par le bruit des wekas (sortes de poules faisanes sans ailes, ressemblant un peu à des kiwis, sauf pour le bec et les pattes), …

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C’est à ce moment-là, que nous, amoureuses de la nature, nous sommes senties le plus libres.

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Faire plus avec moins…

La vie en van, c’est aussi devoir se satisfaire de peu et s’organiser pour pouvoir exploiter toutes les possibilités offertes. Nous avons énormément utilisé l’application gratuite « Campermate », très utile pour trouver des free-camps (et autres campings), mais aussi pour trouver des endroits avec de l’eau potable, des « dump station » (des stations de vidange des eaux usées), du wifi, des toilettes publiques, des douches chaudes ou froides, des randonnées, des points de vue, des endroits de tournage du seigneur des anneaux, … C’est un des « must-have » de la vie en van !

Parce que dormir en freecamp, c’est aussi devoir se passer de douche, de wifi et d’électricité quand on n’a pas de panneau solaire ou qu’il fait nuit, ça force évidemment à devoir réfléchir et surtout s’organiser.

Après une longue randonnée, qui n’aurait pas envie d’une bonne douche ? Puisque nous avons commencé notre road-trip un peu tard, les températures et la durée d’ensoleillement étaient déjà sur le déclin. Difficile de prendre une douche froide dans ces circonstances ainsi que de chauffer l’eau par le soleil, qui n’est d’ailleurs pas toujours au rendez-vous. Or chauffer l’eau avec notre réchaud au gaz dans le van crée énormément d’humidité, alors que nous avions déjà quelques problèmes de condensation. Nous devions donc chauffer l’eau dehors, avant le coucher du soleil pour éviter une invasion de sandflies (LE fléau néo-zélandais, des petites mouchettes noires suffisamment petites pour passer dans les mailles d’une moustiquaire et qui mordent à sang en faisant bien plus mal qu’un moustique, tout en grattant autant !). Ensuite, il faut sortir le rideau de douche et l’accrocher tant bien que mal sur le coffre ouvert du van, pomper la douche à pied tout en tenant le rideau pour préserver notre intimité, et enfin, se sécher dans le froid. Prendre une douche de cette façon demande beaucoup d’effort et d’organisation… autant dire qu’on n’aura pas pris beaucoup de douche !

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Mais quelle vue dans la douche!

L’alternative bien plus facile… trouver une douche chaude sur Campermate. C’est bien souvent dans les piscines publiques ou centres sportifs que nous aurons trouvé notre bonheur, pour un prix variant de 4 à 6 $ par personne pour une douche commune ou privée. Nous aurons en tout cas écumé toutes les piscines du sud !

Ce qu’on aura également écumé, ce sont les bibliothèques. Un véritable trésor néo-zélandais, trouvable dans n’importe quelle bourgade ! Electricité et wifi gratuits, nous y aurons passé de nombreuses heures, à recharger nos électros et à publier nos articles, ou tout simplement, à attendre que la pluie s’arrête car les jours de pluie en van, ça peut être vraiment très déprimant. Nous n’étions d’ailleurs pas les seules !

Pourquoi cependant avoir besoin du wifi ou de l’électricité quand on a des data et un panneau solaire ? Parce qu’il pleut, qu’il fait nuit et que le frigo consomme trop, on est bien obligées parfois d’aller recharger nos appareils. Pour ce qui est des data, on a probablement fait une erreur en choisissant notre abonnement chez l’opérateur « 2degree ». Il offre 1 heure gratuite de data par jour, bien pratique pour téléphoner sur Skype ou regarder un épisode d’une série, mais bien moins pratique quand on se rend compte que sa couverture réseau ne s’étend qu’aux grandes villes. Dans l’île sud, nous avions tellement rarement du réseau qu’on a fini par devoir prendre un autre abonnement, ne fut-ce que pour vérifier la météo ou les randonnées à faire dans la région. Les bibliothèques et leur super wifi APKN nous auront donc bien aidées, surtout que nos articles s’accompagnent généralement de photos, assez lourdes à mettre en ligne.

Préparer à manger relève aussi du principe de faire plus avec moins… ou en tout cas avec d’autres moyens ! Le van est équipé d’un réchaud au gaz deux feux avec une bonbonne de 4kg qui permet de tenir plusieurs mois. C’est amplement suffisant pour préparer des repas simples. Mais ce qui nous posait finalement le plus problème c’est l’humidité dégagée lors de la cuisson. Comme dit plus haut, nous avons souffert de la condensation dans le van. Tous les matins, nous nous réveillions avec une belle couche de gouttelettes sur les fenêtres, qui se transformaient en gel lorsque les températures descendaient sous zéro. Lorsqu’il pleuvait, c’était encore pire et il était en plus bien difficile d’ouvrir le coffre quand le vent et la pluie nous tombaient dessus.

Nous avons donc dû nous adapter. Essayer de cuisiner quand il fait jour en ouvrant le coffre ou de nuit avec des lampes frontales à lumière rouge, utiliser des aliments qui ne nécessitent pas de cuisson à l’eau, se faire juste un œuf au plat quand il pleut trop, ou, en dernier recours, aller cherche un « fish and chips » à emporter.

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De plus, le fait que le frigo ne fonctionnait pas de nuit puisqu’il n’y a pas de soleil et que notre batterie auxiliaire ne tenait pas le coup, nous obligeait aussi à choisir des aliments qui ne craignent pas trop le chaud. Mais vu la baisse des températures, nous avons plus simplement opté pour tout mettre dehors la nuit.

Ces aspects nous ont vraiment permis de relativiser par rapport à ce dont nous avons effectivement besoin pour vivre, et de profiter des choses toutes simples : un vrai lit, une douche chaude, une toilette non publique, un four, … quel luxe !

Un sac à dos 2.0

Jusque-là, nous considérions notre sac à dos comme notre maison et tout ce que nous avions, nous l’emportions avec nous. L’achat du van, c’est un peu comme avoir un sac à dos plus grand, qu’heureusement nous ne devons pas porter.

Nous avons en plus fait un aménagement qui le rendait très cosy et confortable, nous donnant vraiment le sentiment d’avoir un chez soi, avec une vraie armoire où ranger nos vêtements. Du coup, nous en avons profité pour nous acheter plus de vêtements car quatre t-shirts, un pull et deux pantalons, ça nous demandait de faire trop de lessives ! Nous avons enfin pu déballer nos sacs et surtout ne plus devoir les remballer depuis plusieurs mois.

Par contre, comme maison, c’est quand même assez petit. Nous pouvons presque nous tenir debout, mais avec la tête penchée, et surtout, une fois le lit tiré, l’espace se restreint encore davantage. Les jours de pluie ou dès qu’il commence à faire nuit et que le froid s’installe, nous nous retrouvons confinées dans ce petit espace et il faut bien avouer que cette promiscuité n’est pas toujours facile à vivre.

Mais ce qui est le plus difficile à vivre, c’est quand même le froid. Malgré tout nos efforts en termes d’isolation, le froid s’insinue tant par les fenêtres que par le sol, glaçant nos pieds malgré la double couche de chaussettes en laine de mérinos.

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Le mérino, ça marche aussi les jours de pluie!

Les nuits les plus froides, nous dormions en sous-vêtements thermiques, avec buff et bonnet, emballé dans un plaid en polar en plus de la couette. Autant dire que sortir de nos couches le matin était vraiment un supplice et c’est d’ailleurs ce qui a finalement eu raison de nous. Nous prévoyions de passer l’hiver dans un logement plus chaud lorsque le van est tombé en panne nous obligeant à nous trouver une autre maison en attendant, mais où désormais nous prévoyons de passer le reste de l’hiver avant de nous envoler pour l’Australie.

Bref, nous avons vraiment apprécié la vie en van, malgré ses inconvénients, mais ce n’est pas une solution pour passer l’hiver dans l’île sud.

De plus, et c’est un des éléments qui titille le plus notre éthique écologique… cette grosse dame, qui n’a toujours pas de nom, consomme du 10 litres aux 100 kilomètres et la vie en van implique également certains choix qui ne sont pas des plus écologiques. Le pays n’est pas non plus encore très avancé en termes de réduction du plastique et des déchets. Entre le pain en sac en plastique non-réutilisable, la difficulté de trouver du vrac varié (impossible de trouver des pâtes en vrac), l’apologie de la malbouffe suremballée, etc. il n’est pas facile de faire le choix éco-responsable. D’ailleurs, entre un risotto déjà tout fait qu’il ne faut plus que sortir de son plastique et réchauffer et l’option de le faire soi-même, il y a tout un monde de condensation de différence… Le choix est malheureusement vite fait. Nous essayons malgré tout au quotidien de faire les meilleurs choix possibles : trousse de toilette quasi zéro déchets, sacs de courses (et à fruits et légumes) réutilisables, achat de vêtements de seconde main dans la mesure du possible, mais évidemment, vu le changement climatique qui se profile toujours plus vite, ces actions ne sont que des gouttes d’eaux dans un océan (où il y a plus de plastiques que de poissons).

#VDV – les anecdotes de la vie de van
  • Il va commencer à faire noir… Débranche le frigo !! VDV
  • En voiture Simone ! … tu as mis le gsm à charger ? VDV
  • Aujourd’hui, j’ai dû souffler sur les vitres à l’intérieur du van pour les dégeler… VDV
  • Tu as sorti la toilette avant de tirer le lit ? oups ! VDV
  • Cette toilette me donne vraiment l’impression de retomber en enfance… c’est comme être sur un petit pot ! VDV
  • Tu pompes l’eau, je sors le réchaud ? VDV
  • Tu as fermé les portes ? et éteint les phares ? VDV
  • Je m’occupe de chauffer l’eau, tu sors la table ? VDV
  • Journal dans les chaussures pour qu’elles sèchent et ponchos sur les pare-soleils… VDV
  • Mérinos’up ! VDV
  • Il n’y a plus de lumière, démarre le moteur ! VDV
  • Gare-toi là, il y aura plus de soleil ! Mais pas là, on n’est pas à plat ! VDV
  • Mets le chauffage à fond, mes chaussettes ne sont pas encore sèches ! VDV
  • Tu as rentré les chaussures? Les Wekas vont encore les chopper ! VDV
  • Damned ! Le Kea (un autre oiseau néo-zélandais) a picoré le sachet frigo qui était sous le van… VDV
  • Relèche ton assiette, on la réutilisera demain… VDV
  • (bruit de choses qui tombent à l’arrière) oups, on n’a pas bien rendu le van roulable ! J’espère que la bouteille de vin n’est pas cassée. Arrête-toi je vais aller réorganiser… VDV
  • On mange dehors ou dedans ? Tu as le courage de sortir les chaises ? … on mange dedans ! VDV
  • Aïe ma tête ! Encore l’étagère ? moi c’était hier… VDV

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Une réflexion sur “Vie de van – #VDV

  1. Haaa,… la vraie liberté!

    La liberté, c’est de prendre le temps de vivre! Ne rien devoir à personne qu’à soi-même et à quelqu’un près de soi pour partager ce moment!

    Vous avez tout compris les filles!

    Je vous embrasse!

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