L’écologie ou le paradoxe néo-zélandais

Comme nous vous en parlions déjà dans l’article sur la vie en van, l’écologie ici est un sacré paradoxe.

Alors que les consciences s’éveillent de plus en plus en Europe, suite notamment au rapport du GIEC sur l’état d’urgence climatique, les gens ici ne semblent pas vraiment inquiets. Pourtant, ils sont bien conscients des dommages du soleil car le cancer de la peau reste un des plus grands fléaux dû à la proximité du trou dans la couche d’ozone.

De prime abord, on pourrait penser que l’écologie est essentielle. On ne peut arriver sur le territoire avec des plantes ou des animaux sans un contrôle. Impossible de passer la douane avec des aliments. La Nouvelle-Zélande fait très attention à ce qui arrive sur son territoire pour la simple et bonne raison qu’elle a connu par le passé des nouveaux venus qui ont détruit une partie de son écosystème tout à fait extraordinaire. En effet, avant la venue de l’homme (Mauri ou Britannique), il n’y avait que des chauves-souris comme mammifères. Pas de chien, pas de rat, pas de chat, ni de fouine, ni même de mouton. Malheureusement, l’introduction de certaines espèces, et ce pas toujours de manière volontaire, comme pour les rats, a causé ensuite une dégradation de la faune et de la flore. L’introduction du lapin, par exemple, a apporté des maladies, ainsi que l’introduction d’un prédateur du lapin lorsque la propagation de celui-ci est devenue incontrôlable. Le prédateur (la fouine) a cependant jeté son dévolu sur d’autres espèces que le lapin, en ce compris les adorables kiwis. Cela a conduit les Néo-Zélandais à créer des pièges, que l’on trouve souvent sur les bords des sentiers, pour capturer les fouines, les rats et les opossums. Cela ne sera cependant jamais suffisant pour réduire la quantité de prédateurs face à la quantité de proies.

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Depuis 2009, une maladie atteint également les arbres Kauri, ces arbres néo-zélandais immenses et uniques dont certains ont plus de 1000 ans. L’origine de la maladie est inconnue mais provient probablement de l’étranger, ce pourquoi il peut être requis de laver les chaussures et équipements de camping à l’arrivée sur le territoire. De même, à l’entrée de certaines balades, il est nécessaire de laver ses chaussures et de les désinfecter pour éviter la propagation de la maladie.

La protection de leur écosystème semble ainsi assez totale. Cependant, le premier prédateur du kiwi est en réalité le chien. Or, même si cela peut sembler sans cœur, il serait facile d’interdire la possession de chien et de chat sur le territoire, afin de préserver cet oiseau endémique. Cela ne sera pourtant jamais questionné, car le bien être humain (d’avoir un animal de compagnie), passe avant la survie des animaux endémiques de l’île.

L’écologie, ce n’est évidemment pas que la sauvegarde d’un écosystème, c’est aussi la gestion de l’activité humaine sur l’écosystème. Comme partout dans le monde, l’être humain passe avant tout. Le pays a donc connu une déforestation énorme pour la création de pâturages afin de faire fructifier l’économie fermière du pays. De nombreux habitats d’oiseaux et de manchots ont ainsi été détruits.

Le moyen de transport le plus usité et le seul réellement utilisable est la voiture. Alors que les chemins de fer étaient d’abord en très bonne voie de desservir correctement le pays, c’est finalement le système routier et les lobbys automobiles qui l’ont emporté.

Quant à la gestion des déchets, la Nouvelle-Zélande a pendant très longtemps envoyé ses déchets en Chine. Loin des yeux, loin de la prise de conscience de la masse énorme d’immondices. D’autant que la plupart des Néo-Zélandais aime la notion de recyclage et met donc dans la poubelle de tri tout ce qui se rapproche du plastique, sans pour autant que tout soit recyclable, créant ainsi des problèmes (double tri ou pas de recyclage du tout). La génération des déchets provient d’une société hyper consumériste (comme chez nous), où le vrac ne semble pas encore faire suffisamment de chemin que pour être proposé comme réelle alternative. La croyance que tout peut être recyclé n’est pas non plus favorable au vrac. Pourquoi s’enquiquiner avec des bocaux et des sacs en tissus quand on peut juste s’acheter un paquet de pâtes, puisque ce sac en plastique sera recyclable. Faux ! Le taux de recyclage du plastique dans le monde tourne généralement autour des 20-25%. Le plastique est donc, ici comme en Belgique, l’ennemi mondial numéro 1. Pourquoi ? Car le plastique déstabilise nos océans, qui sont en réalité nos poumons verts. Comme nous l’avons appris lors de notre examen de plongée, les océans sont responsables d’environ 70% de notre oxygène. La déforestation de l’Amazonie en comparaison à la destruction de nos océans par le plastique est presque minime.

La situation humaine sur terre va devenir malheureusement de plus en plus pénible. Lorsque nous étions en Asie et avons vu les dépotoirs immenses ou lorsque nous plongions au milieu des plastiques à Bali, nous avons pris conscience avec une très grande lucidité qu’il n’y a plus de marche arrière possible pour notre espèce (ni pour bien d’autres espèces).

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Les températures de la planète vont continuer à monter et une grande partie de l’humanité va mourir. Il ne s’agit plus de spéculations, mais de faits. L’heure n’est cependant pas à la panique selon nous, mais plutôt à la création et au bonheur. Nous savons que nous ne franchirons probablement pas le cap de la soixantaine, mais cela ne nous empêchera pas d’avoir une vie merveilleuse, ni d’avoir plein d’idées pour vivre plus en harmonie avec notre monde. La quête du bonheur est d’autant plus essentielle que le temps nous est compté ! Nous en tout cas, c’est ce que nous poursuivons. Nous espérons que vous tous qui nous lisez en ferez de même et prendrez le temps d’être heureux. C’est tout ce que nous vous souhaitons !

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Paillettes sur vous tous (et clin d’œil à Françoise !)

2 réflexions sur “L’écologie ou le paradoxe néo-zélandais

  1. Article bien intéressant. Oui, il s’agit de bien vivre le présent. D’être lucide sur la situation sans se soumettre à la peur mais à s’ouvrir à plus de conscience, encore et toujours. Merci Syl et Luce d’attirer notre attention sur qu’est-ce que vivre!!

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  2. Coucou Lucie et Sylvie, Je viens de vous retrouver dans mes spams!! et de lire votre vision sur l’évolution de notre planète dans un avenir proche…… Aviez vous recu mon couriel à ce sujet? Je vois que nous partageons des idées fort proches. Vivons le temps présent et créons un max d’harmonie ….. Je vous embrasse bien fort Christine
    Garanti sans virus. http://www.avast.com

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