Roadtrip sur la côte est

Pour vous donner un peu de contexte, notre itinéraire australien est composé de deux roadtrips, entrecoupés d’un séjour de plongée. Le premier roadtrip nous fait parcourir environ 1700 km le long de la côte est, entre Brisbane et Cairns. Le second roadtrip sera légèrement plus long, avec seulement 5000 km qui nous permettront de relier Darwin à Sydney en passant par Uluru, Adélaïde et Melbourne.

Avant de vous détailler nos tribulations (qui nous ont menées au Cap Tribulation) de ce premier roadtrip, voici un petit aperçu de notre moyen de transport. Nous qui avions mis tant de cœur à rendre notre van néo-zélandais le plus efficient en termes de place, nous sommes tombées de haut en découvrant « Pandora » (tout un nom…), notre « spaceship », une Toyota estima de location. Nous l’avions choisie tout d’abord car il s’agit d’une voiture. Vu la route à parcourir, nous nous étions dit que ce serait plus confortable. Cet objectif-là a été atteint, avec un certain confort de conduite et moins de bruit que dans notre van. Mais en termes de confort de vie (et surtout de nuit), l’arrière du véhicule est vraiment très mal agencé, avec une banquette prolongée par une plaque en bois non-fixable et qui bouge pendant la nuit. Nous ne pouvons donc pas conseiller ces véhicules-là si vous souhaitez dormir correctement.

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L’Australie étant un pays où les activités doivent majoritairement être organisées un brin à l’avance, nous vous conseillons de réfléchir un peu plus à l’itinéraire que ce que nous avons fait, c’est-à-dire comme d’habitude, nous lancer et puis voir où ça nous mène. Cette technique avait bien fonctionné jusque là mais elle nous a montré certaines limites. Etant donné que nous avons opté pour la location d’une voiture (et donc des échéances à respecter), nous avons été forcées de planifier l’ensemble de ce premier roadtrip après notre première étape.

Après avoir quitté Brisbane, le plan consistait à aller à Noosa, petite ville du style Knokke-le-Zoute, pour y suivre un cours de surf. Le vent n’était pas de cet avis, car il a rabattu les vagues pour former une mer plate. Nous avons attendu le lendemain pour retenter notre chance, avec succès cette fois, même si les vagues n’étaient toujours pas très fortes. Ce qui n’est peut-être pas plus mal pour un premier cours. Nous avons assez bien apprécié l’expérience, même si le sens de l’équilibre de Luce laisse toujours à désirer.

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La prochaine étape sur notre route était Fraser island, la plus grande île naturelle de sable du monde. C’est là que notre manque d’organisation nous a le plus embêté. Nous voulions initialement louer un 4×4 et du matériel de camping et nous débrouiller par nous même pour faire un tour de l’île avec une nuit sur place. Nous ne nous sentions cependant pas super à l’aise avec cette idée et avons d’abord cherché des compagnons de route avec qui partager l’aventure (et le prix !). Malheureusement, nous n’en avons trouvé aucun. Sans expérience de conduite de 4×4 sur le sable sur une île sans réseau, nous nous sommes montrées prudentes (peut-être trop ?) et avons opté pour un tour d’une journée, car nous n’avons pas pu embarquer pour plus longtemps, nous étant décidées trop tard. Comme le tour n’est prévu que le surlendemain, nous en profitons pour réserver une croisière pour aller voir les baleines qui passent proches d’Hervey bay pendant leur migration. Nous avons bien fait, car nous avons vécu une expérience incroyable avec à un moment 4 baleines qui nous ont fait un show très impressionnant. Elles ont tourné autour du bateau, nous ont montré leurs têtes, leurs ventres, leurs queues, … pendant près d’une demi-heure. Nous en étions assez émues !

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Le trip sur Fraser island était également à la hauteur de nos espérances. Le tour que nous avons pu choisir se faisait en 4×4 avec seulement 4 autres personnes. Même si la moyenne d’âge était assez élevée, nous n’étions au moins pas dans un énorme bus avec 30 personnes. Notre chauffeur/guide connaissait l’île comme sa poche et maniait la conduite sur sable avec brio. D’ailleurs, nous pensons sincèrement que nous n’aurions pas su prendre certaines des routes parcourues. Cela nous a aussi permis de voir beaucoup en une seule journée :

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75 miles beach parcourue tout du long
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Passage à Maheno wreck (épave d’un navire militaire)
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Point de vue à Indian head
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Pieds dans l’eau à Eli creek

Avant de rentrer dans les terres pour une petite baignade au magnifique (et frais) lac MacKenzie.

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Le jour suivant sera notre premier jour consacré uniquement à la route. 700 km en 9 heures (en sachant qu’on doit arriver avant 17h pour ne pas risquer de rencontre malheureuse avec un kangourou). Nous sommes fourbues mais plus proches de l’arrivée que ce que l’on avait planifié. Nous arrivons donc bien tôt le lendemain à Airlie beach, point d’accès à l’archipel des Whitsundays. C’est un endroit assez paradisiaque. Nous profitons de cet après-midi pour nous reposer (et faire des lessives, il faut bien) avant de nous embarquer pour la prochaine aventure : 2 jours de croisière et découverte dudit archipel. Nous embarquons à la piquette sur le Matador, un voilier de course assez spartiate où les 22 participants dorment à fond de cale.

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En haut à droite, notre lit 2 personnes, attention la tête!

A peine sortis du port, nous voyons déjà des baleines (avec notamment un petit bébé très mignon) avant de sortir les voiles pour notre plus grand bonheur. Le bonheur ne dure cependant pas longtemps, puisque la voile sera affalée pour le temps de midi et qu’elle ne sera plus levée avant le lendemain après-midi. Les paysages restent magnifiques, mais au moteur, on apprécie un peu moins.

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Nous avons malgré tout la grande chance d’aller visiter la plus belle plage du monde (selon les Australiens, mais là on va leur donner raison sur base de notre expérience), Whitehaven beach, qui porte d’ailleurs bien son nom.

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Malheureusement l’appareil waterproof ne rend pas justice à ce lieu

Nous avons passé une nuit calme mais peu confortable, et surtout nous n’avons pas été malades (Luce avait quelques craintes vu son estomac sensible). Le lendemain, nous avons pu découvrir pour la première fois la grande barrière de corail en faisant un brin de snorkeling.

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Nous y avons vu de très beaux coraux et des poissons colorés, mais nous avons aussi pu constater l’étendue des dégâts du réchauffement climatique. L’état des coraux, au même titre que celui des glaciers, nous attriste par rapport à l’impact qu’a l’activité humaine sur la beauté de notre planète.

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L’étape suivante de notre roadtrip est Magnetic island, qui se trouve tout proche de Townsville. Nous avons choisi de la parcourir en bus et à pied, pour nous faire un break par rapport à la voiture. Vu que notre planning était très serré, nous n’avons pas pu consacrer plus de 24h à cette île pourtant très sympathique. Heureusement nous avons joué de chance avec le timing et avons pu profiter de chaque minute sur place, sans devoir attendre ferry ou bus plus de 5 minutes. Nous avons commencé par faire un tour d’un koala sanctuary avec un ranger, qui nous aura appris pas mal de choses sur les koalas, mais aussi sur les lézards, les tortues, les crocodiles, les serpents, … Ce qui nous avait apparu à la base comme un tour du style « animal petting » (ou comment pouvoir toucher des animaux sauvages) s’est finalement avéré assez instructif, faisant passer un message écologiste et respectueux du monde animal.

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Funny fact : savez-vous que la force de la mâchoire d’un crocodile d’eau salée est la plus puissante du règne animal ? homme 200psi, requin 600psi, lion 1000psi, crocodile 3000psi. Ce n’est pas pour rien s’il a survécu à 6 extinctions de masse et aux périodes glacières !

Nous faisons aussi une petite balade dans l’île, au milieu de la forêt toute sèche et partiellement brûlée (de façon contrôlée !), pour rejoindre Arthur bay où nous faisons notre seconde expérience de snorkeling sur la grande barrière de corail, qui en valait vraiment la peine.

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Parées de nos stinger suits (anti-méduse et protection solaire), nous explorons ces coraux magnifiques affleurants la surface (au point qu’on doit parfois rentrer son ventre en nageant pour ne pas les abimer !). Couleurs, formes, habitants, nous avons vraiment l’impression de visiter la cité des poissons !

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Nous passons une nuit paisible sur place (dans un vrai lit !) et nous levons tôt le lendemain pour aller admirer le lever du soleil sur le sentier montant au fort, ancien bastion de la seconde guerre mondiale. Le but principal est surtout d’aller trouver des koalas sauvages. Nous n’en verrons qu’un, mais on en est déjà bien contentes, surtout qu’il est trop mignon.

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De retour sur le continent, nous terminons la journée par les 470 km restants pour atteindre Cairns. Cairns est le point de départ d’un séjour de trois jours, dédié à la plongée sur la grande barrière de corail. Ce séjour étant un moment très fort pour nous, il fera l’objet d’un article à part.

Comme nous devons attendre au moins 24h après la plongée pour prendre un avion vers Darwin, nous profitons de cette dernière journée pour aller en excursion organisée (étant bien trop crevées de notre trip pour conduire) dans la Daintree forest et au Cap Tribulation. Tout cela est tout à fait faisable de façon autonome, nous conseillons d’ailleurs de le faire par soi-même, en ayant un peu plus de temps que nous, pour pouvoir y passer une nuit et pouvoir s’y balader. Pour nous, cela a été une longue journée de route, entrecoupée par une petite balade et trempette à Mossman gorges (où il n’y a pas de crocodiles), d’une croisière d’observation des crocos sur la Daintree river (qu’il faut de toute façon traverser en ferry) et d’une dégustation de noix de coco trouvées sur la plage du Cap Tribulation.

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La forêt est bien différente de ce que nous avons vu tout au long de la route. Nous sommes en effet en territoire tropical, avec une forêt pluvieuse et luxuriante, peuplée de mangroves et de fougères ancestrales.

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La forêt est d’ailleurs le lieu de vie du casoar, espèce d’autruche primitive qui peut être assez agressive mais que nous n’aurons pas vue, et des crocodiles, fort probablement présents avant même la dérive des continents.

Ces derniers sont des créatures assez fascinantes, d’une durée de vie très longue et avec une capacité de guérison assez impressionnante. Nous en aurons vu 6 en une petite heure sur la Daintree river, de toutes les tailles, dont l’énorme mâle dominant d’environ 70 ans. Nous voilà prévenues qu’il ne faut pas prendre la menace à la légère, qu’il faut toujours s’assurer de nager dans des eaux croco-free (froides ou avec beaucoup de courants) et faire très attention sur les plages, particulièrement au lever et coucher de soleil.

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C’est ainsi que nous clôturons ce premier roadtrip. A la réflexion, nous pensons que nous aurions peut-être dû faire ce premier roadtrip en bus car la côte Est est vraiment très bien desservie. Reste à évaluer quelle est la solution la plus économique car les campings sont assez abordables et nous avons même pu faire du free camping une nuit, avec douche chaude gratuite, un luxe inconnu en Nouvelle-Zélande !

Ce roadtrip nous aura fait découvrir un côté très touristique de l’Australie, en mode excursions payantes à toutes les étapes ce qui nous change bien de la Nouvelle-Zélande où il suffit de se garer et d’aller se promener pour voir des choses extraordinaires. Cependant, nous avons eu l’occasion d’admirer des plages et îles paradisiaques, une nature bien plus verdoyante qu’imaginée, et pu visiter la grande barrière de corail qui était un de nos rêves communs. Rendez-vous à Darwin pour la suite de notre périple !

Infos utiles
  • Ecole de surf à Noosa : Learn to surf, recommandé par le Routard (65 $ les 2 heures) mais pour un cours moins cher (que nous n’avons cependant pas testé), il y a aussi une école de surf à Rainbow beach, pour 35 $ les 2 heures (basse saison). Si possible, trouvez-vous une combinaison longue car la planche peut irriter la peau des genoux et des bras (ce qui a été le cas de Luce).
  • Pour toutes les excursions, « book me » a été notre meilleur ami. Le site internet, que nous avons découvert en NZ et qui fonctionne ici aussi, permet d’obtenir de belles réductions sur les activités, si vous êtes flexibles niveau timing.
  • Jeu de route : pour passer le temps, à la place de « zitch dog », ici c’est plutôt « zitch dead kangourou »…
  • Le comfort stop de Home Hill (avec cuisine et douche chaude gratuite). C’est toujours une bonne surprise de pouvoir faire du free camp !
  • A Cairns, préférer un hébergement situé côté océan par rapport au chemin de fer, sinon vous risquez de devoir traverser des zones peu fréquentables.

2 réflexions sur “Roadtrip sur la côte est

  1. Bon,… et vous en avez mangé alors du crocodile?… Il parait que ça a le goût de poulet…
    🙂
    Super les filles,… continuez à nous faire rêver!
    XavierVD

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