Un rêve devenu réalité : plonger sur la grande barrière de corail

En préparant notre séjour en Australie, nous sommes tombées sur un site de plongée à Cairns qui proposait des séjours de trois jours en mer, avec 11 plongées de prévues. L’effet a été immédiat : nous oscillions entre excitement et incrédulité, mais nous avons finalement franchi le pas car quoi de mieux pour réaliser notre rêve ! D’autant plus que le prix du séjour all inclusive (nourriture et surtout équipement) était très correct par rapport au prix d’une seule plongée.

Nous avions donc organisé tout notre tour australien autour de ce séjour et fait attention à réserver notre avion pour Darwin au moins 24 heures après la dernière plongée.

Nous sommes arrivées à Cairns le 20 août, la veille de notre départ en mer et avons été nous enregistrer armées de notre tout nouveau brevet Open Water SSI que nous avions passé en Thaïlande. Ce brevet nous permet théoriquement de faire des plongées autonomes, c’est-à-dire uniquement à nous deux puisqu’il faut toujours plonger avec un « buddy », mais nous n’avions jamais plongé sans guide.

Nous embarquons donc le lendemain matin vers 6h45 pour un premier petit déjeuner avant les trois heures de traversée nécessaires pour atteindre le premier site de plongée sur la grande barrière. Nous avons droit également à un petit speech du capitaine et du superviseur des plongées. Le capitaine nous informe des conditions météo, nous disant que celles-ci sont idéales pour lui, mais peut-être pas pour nous car il y aura des vagues de 1 à 2 mètres. Le superviseur nous explique la sécurité, nous donne un « safety number », nos cabines (car oui, nous aurons une cabine juste pour nous, quel luxe !), le fait qu’il vaut mieux rester sur le pont que dans les toilettes si on est malade et le fonctionnement des sacs à vomi très biodégradables… Il nous explique également que les plongées ne sont pas guidées et, à notre grand soulagement, nous ne sommes pas les seules à n’avoir jamais plongé de cette manière. De même, il nous demande si quelqu’un a déjà plongé de nuit et très peu de mains se lèvent. Il nous rassure en nous disant que la première plongée de nuit se fera du coup de manière guidée. Le temps d’avoir déjà discuté de tout cela, le bateau est parti depuis 45 minutes et tangue déjà fameusement. Le mal de mer commence à se faire ressentir par la majorité d’entre nous qui étions à l’intérieur du lounge pour les divers speeches. Tout le monde fuit dehors sur le pont pour calmer le mal, mais c’est déjà trop tard pour certains et les sacs à vomi sont distribués en masse par un équipage un peu hilare mais très compréhensif et manifestement habitué à cela. Luce, qui a pris un médoc contre le mal de mer s’y sachant sujette avant de monter sur le bateau, ne ressent aucun mal, si ce n’est la peur de voir le bateau se faire renverser par les vagues… 2 mètres, c’est quand même beaucoup et nous tangons parfois à 45 degrés ! Syl par contre a pris le médoc trop tard… et a donc consommé une quantité impressionnante de sacs à vomi, tellement biodégradables que le garder plus de dix secondes permet de recevoir le contenu sur ses genoux. L’exercice consiste donc à l’envoyer le plus rapidement possible par-dessus bord pour nourrir les poissons.

La traversée, qui dura encore 2 heures de cette façon, ne fut pas très agréable. Cela remet quand même en perspective notre envie de continuer le voyage en bateau plutôt qu’en avion…

Heureusement, une fois arrivés sur site, la mer est bien plus calme puisque nous sommes protégés par les récifs. Les derniers sacs sont à peine jetés par-dessus bord que nous sommes déjà convoqués pour le briefing sur la première plongée qui se fera de manière accompagnée. Tous en maillot et en stinger suits pour nous car les combis de 5mm d’épaisseur se terminent incompréhensiblement à mi-mollet. On enfile lesdites combis et on ajoute une cagoule sur base de notre expérience de froid dans l’eau. Le matériel est presque prêt quand on arrive et on a à peine le temps de commencer notre « buddy check » qu’on est déjà appelées sur la plateforme de plongée. On part donc en planquée (groupe) derrière notre guide Nikky. Comme c’est la première plongée, elle sera assez courte mais c’est parfait pour se faire une première idée et surtout se remettre dans le bain. Très bonnes sensations, pas de problème d’oreilles (notre plus grande crainte avant 11 plongées) et déjà beaucoup de poissons et des beaux coraux ! Ça se passe vraiment très bien et nous met en confiance pour la suite !

Le programme de cette première journée est très dense, 4 plongées sont prévues, avec la première vers 11h. En gros, on plonge, on mange, on plonge, on mange, on plonge, on mange, on plonge et on dort. On était prévenues, mais ça fait beaucoup !

Nos premières plongées en autonomie se passent assez bien, et on est ravies de voir que le sens inné de l’orientation de Luce fonctionne aussi bien sous la mer que sur terre ! Par contre, nos façons de communiquer sous l’eau sont à travailler pour que « mais f*** où est le bateau ?? » puisse se résoudre avec un simple « je sais où est le bateau ! ».

La deuxième journée était un peu plus cool car même si 4 plongées étaient encore prévues, la première était à 7h et la dernière à 19h15, ce qui nous a laissé le temps de nous reposer, faire la sieste et profiter du beau temps sur le pont arrière.

Retour d’un rythme plus soutenu pour le dernier jour avec une plongée à l’aube, suivie de 2 autres plongées avant midi car le bateau quitte les récifs à 12h pile.

Un petit mot sur le bateau et l’organisation à bord, tout est fait pour que l’on puisse profiter au mieux de l’expérience. Nous avions une chambre à nous deux (pas double parce qu’il n’en a pas beaucoup, mais avec des lits superposés) assez confortable. Nous n’avons d’ailleurs pas été malades malgré nos craintes, sans savoir si c’est dû aux médocs, aux nuits calmes ou à l’impression assez agréable de se retrouver dans un énorme berceau. Les sanitaires étaient aussi bien pensés, en mode toilette-douche chaude 2 en 1 (mais mieux qu’au Laos !) à tous les étages. Les repas étaient très bons, conséquents et bien fournis en légumes, par contre cela générait pas mal de gaspillage alimentaire… L’espace « lounge » salle à manger-salon était confortable, parfait pour manger, glander ou discuter et équipé d’un wifi gratuit (un luxe !). L’équipage était aussi aux petits soins, avec une organisation impressionnante. Six membres d’équipage au four et au moulin pour naviguer, distribuer les sacs à vomi, installer les cordes de repère de plongée après chaque changement de site, recharger les bonbonnes après chaque plongée, faire les briefings avant plongée, cuisiner, faire la vaisselle, dispenser les cours open-water et advanced, répondre aux questions sur les poissons, expliquer le matériel de plongée de nuit, etc. On avait l’impression qu’ils travaillaient 24h/24, tout en restant sympas et agréables.

Lors de nos temps libres, nous parcourons les livres mis à disposition pour essayer d’identifier les poissons vus et photographiés sous l’eau. Evidemment, du coup, nous n’en connaissons que les noms anglais, mais nous avons vu notamment (de jour) : des anemone fishs (cousins de Némo), des damsels, des parrot fishs (très colorés), des fusilliers, des trigger fishs, des groupers, des box fishs, des needle fishs, des moorish idols (poisson noir, blanc et jaune comme le pote de Némo), des surgeon fishs, des angel fishs, des butterfly fishs, des wrasses, des bannerets, un unicorn fish, une énorme murène, des raies (stinger rays), des petits requins (reef sharks), … et nous avons eu la très grande chance de voir une torture et de pouvoir rester avec elle près de 10 minutes à la regarder manger paisiblement. C’est presque 1/3 de cette plongée, qui ne se calcule pas en minutes mais plutôt en bars d’air consommé. Nous descendons avec 200 bars et devons être de retour sur le bateau avec minimum 50 bars. Cela représente entre 30 et 45 minutes pour nous, en fonction de l’effort fourni, de la profondeur et de l’état d’esprit. En effet, le stress consomme plus qu’une respiration calme et posée. De nuit (oui on a plongé dans le noir), nous avons pu voir : des énormes red basses (qui restent près de nous pour profiter de notre lampe torche pour chopper les petits poissons que nous repérons), des barracudas, une tortue et deux requins (white tip reef sharks). Lorsque nous avons fait notre plongée autonome de nuit et que nous avons repéré le requin, nous l’avons bien éclairé pour le faire partir car il n’aime pas trop la lumière. Nous n’étions pas forcément rassurées ! Par rapport à la plongée de nuit, ce n’est pas ce qui nous a le plus plu. On ne voit que les poissons que l’on éclaire, souvent uniquement les gros, qui sont moins nombreux, et on est assez vite surprises par les poissons arrivant par derrière. De plus les coraux ne sont pas magnifiés par la lampe torche, que du contraire, nous avons trouvé qu’ils étaient bien plus beaux de jour.

L’attraction principale de la grande barrière… c’est quand même le corail ! Et nous avons été servies ! Entre de véritables jardins sous-marins et des cités entières de poissons, de toutes les formes et de toutes les couleurs. Même s’il n’y avait pas le moindre poisson, ça en vaudrait malgré tout la peine ! On avait parfois l’impression de flotter au-dessus, à côté ou à l’intérieur de jardins japonais ou de la ville de Singapour.

Il faut quand même dire que c’est très fatiguant pour le corps et assez douloureux pour les oreilles. A la fin du trip, nos oreilles nous faisaient mal en permanence, pas sous l’eau mais surtout en surface. On était du coup à la fois soulagées et très tristes que le séjour se finisse. Nous avons malgré tout essayé d’en profiter le plus longtemps possible, en faisant deux dernières plongées de 40 et 44 minutes, notre record personnel.

Vous l’avez compris, notre expérience a été vraiment merveilleuse. Nous n’en revenons toujours pas, même après. En ayant passé 398 minutes dans des paysages sous-marins exceptionnels, nous avons triplé notre temps total de plongée et si on avait pu faire plus, on y serait restées plus longtemps ! Nous avons également profité du confort et de la bonne compagnie car c’est aussi un lieu de rencontre avec des gens de tout horizon ayant en commun l’amour de la plongée. De plus, il s’agit d’une étape importante dans notre apprentissage de la plongée, car nous ressortons de ce séjour avec une grande confiance en nous en termes de plongée autonome. Nous pouvons désormais plonger à deux de façon sereine.

Ce séjour aura vraiment été un coup de cœur pour nous deux, nous permettant de découvrir ce qui constitue désormais pour nous une nouvelle merveille de ce monde.

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Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la plongée:

  • Nous avons plongé avec ProDive Cairns, 11 plongées en 3 jours pour 890 dollars AU (éq. 550 €). Nous ne pouvons que les recommander en termes de … tout ! Organisation, confort, sécurité, sites de plongée sélectionnés, équipement, rien à redire !
  • Nous avons fait l’acquisition d’un masque et d’un tuba car c’est plus agréable d’avoir un matériel adapté et de bonne qualité. Le masque de Luce est, en plus d’être étroit pour sa petite tête, spécialisé pour la plongée en apnée (il est plus souple sur les bords et contient moins d’air ce qui permet de ne pas devoir en perdre trop lors de l’égalisation de la pression pour éviter d’avoir les marques due à la pression de l’eau sur le masque). Pour les intéressés, il s’agit d’un Aqualung Sphera.
  • Pour les néophytes, en matière d’équipement, nous plongeons avec
    • Du matériel de snorkeling : masque, tuba (optionnel, pour une éventuelle nage en surface sans consommer notre précieux air) et palmes
    • Un détendeur (regulator en anglais) et un détendeur de secours (octopus, de couleur jaune), c’est ce qui permet de décompresser le gaz de la bombonne d’air et qui nous permet donc de respirer sous l’eau. L’octopus est pour soi-même si on a un problème avec son détendeur principal ou pour d’autres dans le besoin. Le signe pour informer quelqu’un qu’on n’a plus d’oxygène est un mouvement de la main à plat devant la gorge. A partir de l’étage supérieur du détenteur il y a aussi un manomètre qui permet de déterminer le nombre de bar qu’il reste dans la bombonne.
    • Un gilet inflateur qui permet de corriger la flottabilité (pour ne pas monter ou descendre quand on est à la profondeur qu’on a choisi), BCD en anglais (buoyancy corrector device). Il est relié à la bonbonne pour pourvoir être gonflé sous l’eau.
    • Le lestage permet aussi de gérer la flottabilité. Parce que l’être humain, surtout emballé dans une combinaison en néoprène, flotte, il faut compenser avec des lests pour pouvoir descendre. Passé 10 mètres de profondeur, la flottabilité du corps humain devient négative. Il faut donc trouver un équilibre au niveau des lests et du gilet pour ne pas devoir tout le temps lutter pour rester à une profondeur donnée. Pour vous donner une idée, dans nos précédentes plongées, avec une combinaison de 3mm, nous étions à environ 4 kg de lest, avec une combinaison de 5mm, nous étions plutôt à 6 kg de lest.
    • L’ordinateur de plongée précise la profondeur, le temps de plongée et le temps pendant lequel on peut rester à la profondeur actuelle sans devoir faire de palier de décompression. En effet, si on plonge trop longtemps et trop profondément, certains gaz se dissolvent en trop grande quantité dans le sang ce qui peut avoir de graves conséquences, voire être létal si le plongeur ne respecte pas le ou les palier(s) de décompression. Notre Open Water ne nous permet que de plonger jusqu’à 18 mètres, ce qui ne nécessite généralement pas de palier de décompression, mais nous respectons toujours en fin de plongée un palier de sécurité, optionnel mais conseillé, de 3 minutes à 5 mètres de profond. Pas toujours facile de rester stable ! Il faut aussi tenir compte de ce palier dans la gestion de l’air. Il est donc conseillé de remonter à 70 bars pour avoir le temps de faire le palier et de pouvoir remonter sur le bateau à 50 bars (de sécurité).
    • Le compas permet de s’orienter sous l’eau. La forme des coraux et leur grande ressemblance ne permet pas toujours de se repérer. Il est donc essentiel de savoir vers où on va en gardant un cap depuis le bateau. Ça ne s‘applique pas la nuit car il suffit de regarder vers le haut pour voir la lumière verte émanant du bateau.
  • Les photos de plongée (surtout quand on ne découvre le mode « plongée » que le dernier jour) ressortent avec une tinte verte ou bleue. Les photos de cet article ont été corrigées grâce au freeware darktable (et la patience de Luce). C’est la raison pour laquelle nous ne publions cet article que maintenant… Luce est aussi très fière d’avoir pu faire un sub-selfie !

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